Au début, l’Académie française tint alternativement ses séances chez plusieursde ses membres, chez l’abbé Desmarets, chez Chapelain, chez Conrard, à l’hôtelSéguier, etc. Dix ans seulement après sa fondation, le 16 février i 6 A 3 , le car-dinal de Richelieu l’autorisa à se réunir chez lui®. Après la mort du cardinal, elletrouva de nouveau un asile à l’hôtel Séguier®. Enlin, le 28 août 1678, Louis XIV lui accorda au Louvre trois pièces du rez-de-chaussée. La même année, une or-donnance datée de Nancy, 21 août, et rendue sans doute sur l’avis de Colbert ,avait enjoint à Nicolas Colbert, évêque d’Auxerre et garde de la bibliothèque duRoi®, de choisir,parmi les livres de Sa Majesté, six cents volumes, et de les en-voyer à l’Académie (l) * 3 4 (5) . Ces livres furent classés dans des armoires en chêne quel’on fit établir autour de la salle des séances, et qui, plus tard, furent surmontéesdes bustes de plusieurs écrivains célèbres; on cite entre autres : Molière , Roileau,La Fontaine, Quinault, Destouches, Racine, Rotrou, Th. Corneille, Colbert , La-chaussée, Helvetius , Crébiilon et Pirort®. Tous ces bustes avaient été offerts àl’Académie par Caffieri, sculpteur du roi.
Charles Perrault était bibliothécaire de l’Académie française en 1673, et c’esllui qui reçut les six cents volumes envoyés par Louis XIV. et A la mort de Perrault ,et l’Académie , dit l’abbé d’Olivet, n’a point fait revivre cet emploi, dont effective-ct ment elle n’a pas grand besoin , si le nombre de ses livres ne s’augmente pas t>
(l) L’Académie française a siégé en divers en-droits. Elle n’a point eu de local propre et exclusifavant l'affectation du collège des Quatre-Mations auservice de l’Institut. (Voyez le plan-fleuron mis entête de la notice sur le collège Mazarin , p. 37.)
l2) Pelisson, Histoire de l’Académie françoise;édit, de 1717, p. àg et 5 o.
(3) G. Brice, Description de Paris , t. I, p. 68.
(4) M. Livet (Histoire de l’Académie française ,
t. Il, p- 18, 20 et 48 1) dit par erreur que cette or-donnance fut adressée à M. de Chaumont, évêqued’Acqs, garde du cabinet du Roi au Louvre, et que
les livres furent tirés de cette collection et non de lagrande bibliothèque du Roi. La lecture de I ordon-nance, que nous reproduisons plus loin, prouvequelle est adressée à Nicolas Colbert , rrévêqueird’Auxerre, » qui était alors gardedela bibliothèquedu Roi. (Voyez le tome II de cet ouvrage, p. 167.)
(5) D’Olivet, Histoire de l’Académie françoise, éd.de 1730, t. II, p. 20.
(0) Thiéry, Guide des amateurs et des étrangersvoyageurs à Paris , t. I, p. 342 .
(7) D’Olivet, Histoire de l’Académie françoise,t. II, p. 20.