LIVRE X.
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ayant voulu faire comme M. de Gallo, avait été renvoyé de même.
M. de Kalitcheff s’était hâté de réclamer pour les cours de Naples etde Turin , dont son maître avait garanti les États; et il entendait, ensignant un traité avec la France , ne pas se borner à stipuler le réta-blissement des bons rapports entre deux empires qui n’avaient rien àse disputer ni sur terre ni sur mer, mais régler les affaires d’Allemagne et d'Italie , presque dans tous leurs détails, et jusqu’à celles de l’Orient,car il persistait à demander la restitution de l'Égypte à la Porte.
Malgré le désir de ménager l’empereur Paul, on avait réponduavec fermeté à son ambassadeur. On avait consenti à joindre au traitéliaient, qui rétablirait purement et simplement la paix et l’amitiéentre les deux États, une convention secrète, dans laquelle on pren-drait l’engagement de se concerter avec la Russie pour le règlementdes indemnités germaniques, de favoriser particulièrement les coursde Baden, de Wurtemberg et de Bavière , qui étaient ses alliées ou sesparentes ; de réserver un dédommagement à la maison de Savoie, sion ne lui rendait pas ses États, mais sans dire ni où, ni quand, ni com-bien ; car le premier consul avait déjà le projet de garder le Piémont pour la France . C’était là tout ce qu'on voulait concéder. Quant àNaples, le traité de Florence était déclaré irrévocable; et quant à larestitution de l’Égypte , on avait formé la résolution de ne pas mêmeécouter une parole sur ce sujet.
M. de Kalitcheff insistant avec un ton et des manières assez étranges,on avait fini par ne plus lui répondre, et par le laisser à Paris assezembarrassé de son rôle, et des engagements qu il avait pris avec lespetites puissances. On en était là, lorsqu’on apprit la mort tragiquede Paul. M. de Kalitcheff, sans attendre les ordres de son nouveausouverain, voulant sortir de la fausse position où il s était mis, adressale 2(5 avril une note péremptoire à M. de Talleyrand , dans laquelle ildemandait une réponse immédiate sur tous les points de la négocia-tion, se plaignant de ce que des choses accordées, disait-il, à Berlin ,entre le général Beurnonville et M. de Krudcncr, étaient contestées àParis . Il semblait même insinuer que, si les Étals faibles n étaient pasmieux traités par la France , la gloire du premier consul en souffrirait,et que son gouvernement serait confondu avec les gouvernements révo-lutionnaires qui l'avaient précédé.
M. de Talleyrand lui répondit sur-le-champ, que sa dépêche étaitdéplacée, qu’elle manquait aux égards que se doivent entre elles des