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LIVRE X.

Ces arguments avaient la puissance de la raison, et heureusementaussi celle de la force, car ce n'est pas assez de l’une des deux quandon négocie. On fut bientôt d’accord sur la base de la négociation, ilfut convenu que l'Angleterre, en restant propriétaire de l'Inde ,restituerait une partie des conquêtes faites sur la France, l'Espagne etla Hollande . On entra ensuite dans le détail des objets à garder ou àrestituer.

Sans accorder formellement la possession de l’Égypte à la France ,point sur lequel le négociateur anglais aimait toujours à laisser planerun doute, cependant il proposait deux hypothèses, celle où la France Conserverait l'Égypte, celle où la France y renoncerait, soit quelle laperdit par la force des armes, soit qu elle en fit l’abandon volontaire.Dans la première hypothèse, celle de la conservation de l’Égypte par laFrance, l'Angleterre, en gardant l’Inde et Geylan, Chandernagor et Pon-dichéry compris, exigeait en outre le cap de Bonne-Espérance, une par-tie des Guyanes, c’est-à-dire Bcrbice,Demerari, Essequibo, la Trinité etla Martinique dans les Antilles , enfin et par-dessus tout l’ile de .Vlalte.Elle aurait rendu les petites possessions hollandaises des Indes, Surinam ,les îles insignifiantes de Sainte-Lucie clTabago, Saint-Pierre et Mique-lon, enfin Minorque. Dans la seconde hypothèse, celle où les Français neresteraient pas en possession de l'Égypte, elle voulait toujours l'Inde etGeylan ; mais elle consentait à rendre les petits comptoirs de Pondi-chéry et de Chandernagor, le cap de Bonne-Espérance, la Martinique ou la Trinité, l'une des deux à notre choix, en gardant l’autre. Enfin,elle réclamait encore Malte, mais pas d’une manière péremptoire.

Ces restitutions ne suffisaient pas, au jugement du premier consul.On s’aborda de plus près encore, on arriva enfin, après un mois dediscussion, aux propositions suivantes, qui étaient au fond la penséedes deux gouvernements.

L'Angleterre voulait, dans tous les cas, l'Inde et l’île de CeylaD. Siles Français évacuaient l’Égypte , elle leur laissait les petits comptoirsde Chandernagor et de Pondichéry ; elle restituait le Cap aux Hollandais,à condition qu’il serait déclaré port franc; elle leur rendait encore,outre Berbice, Demcrari, Essequibo sur le continent américain , réta-blissement de Surinam ; elle rendait l’une des deux grandes Antilles ,la Martinique ou la Trinité, plus Sainte-Lucie, Tabago , Saint-Pierreet Miquelon, enfin l île de Minorque et Malte. Ainsi, pour résultat dela guerre, elle obtenait, si nous n’avions pas l’Égypte , le continent de