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PAIX GÉNÉRALE.

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les deux combats de Boulogne devaient faire cesser les hésitations ducabinet britannique. Il consentit donc aux bases proposées, saufquelques difficultés de détail restant encore à vaincre. Le cabinet an-glais voulait, en rendant Malte à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem ,stipuler que l’île serait placée sous la protection d’une puissance ga-rante ; car il ne comptait guère sur la force de l’ordre pour la dé-fendre , quand même on réussirait à le constituer. On n’était pasd’accord avec nous sur la puissance garante. Le pape, la cour de Naples ,la Russie étaient successivement mis en discussion et repoussés. Enfin laforme même de la rédaction présentait certains embarras. Commel’effet de ce traité sur l’opinion publique devait être grand dans lesdeux pays, on tenait, des deux côtés, à l’apparence autant qu’à laréalité. L’Angleterre consentait bien à énumérer , dans le traité , lesnombreuses possessions quelle restituait à la France et à ses alliés,mais elle voulait énumérer aussi celles qui lui étaient définitivementacquises. Cette prétention était juste, plus juste que celle du premierconsul, qui voulait que les objets restitués à la France , à la Hollande,à l’Espagne , fussent énumérés, et que le silence observé à l’égard desautres fût pour l’Angleterre la seule manière d’en acquérir la pro-priété.

A ces difficultés peu graves au fond, s’en joignaient d’accessoires,relativement aux prisonniers, aux dettes, aux séquestres, surtout auxalliés des deux parties contractantes, et au rôle qu’on leur assigneraitdans le protocole. Cependant on était pressé d’en finir, et de mettreun terme aux anxiétés du monde. D’une part, le cabinet anglais vou-lait avoir conclu avant la réunion du parlement ; de l’autre, le pre-mier consul craignait à tout moment d’apprendre la reddition d’Alexan-drie , car la résistance prolongée de cette place laissait planer un douteutile à la négociation. Impatient de grands résultats, il soupirait aprèsle jour où il pourrait faire entendre à la France le mot si nouveau, simagique, non pas de paix avec l’Autriche , avec la Prusse, avec laRussie , mais de paix générale avec le monde entier.

En conséquence, on convint de consacrer immédiatement les grandsrésultats obtenus, et de remettre à une négociation ultérieure les difficul-tés de forme et de détail. Pour cela on imagina de rédiger des prélimi-naires de paix, et, tout de suite après la signature de ces préliminaires,de charger des plénipotentiaires de rédiger à loisir un traité défi-nitif. Toute difficulté qui n’était pas fondamentale , et dont la solu-