Band 
[3. - 4.]
Seite
178
JPEG-Download
 

LIVRE XII.

178

île déférence , il désirait une chose confiée à l’habileté du cardinalCaprara , c’est qu’on lui épargnât le chagrin d’instituer des consti-tutionnels.

Plus rien ne s'opposait désormais à la proclamation du grand actereligieux , si laborieusement accompli. Mais on avait laissé passer lemoment propice. La session de l’an X était ouverte, suivant l’usage,à partir du 1“ frimaire (22 novembre 1801). Le tribunat, le corpslégislatif, le sénat, étaient assemblés : on annonçait un vive résistanceet des discours scandaleux contre le concordat. Le premier consul nevoulait point que de tels éclats vinssent troubler une auguste cérémonie,et il résolut d'attendre, pour célébrer le rétablissement des cultes, qu’ileût ramené ou brisé le tribunat. Maintenant les lenteurs devaient venirde lui, et c’est le saint-siège qui allait se montrer pressant. Du reste,les difficultés soudaines qu'il était exposé à rencontrer prouvaient lemérite et le courage de sa résolution. Ce n’était pas seulement auconcordat qu’on annonçait une vive opposition, mais au code civil lui-méme, mais à quelque uns des traités qui venaient d’assurer la paixdu monde. Fier de ses œuvres, fort de l’assentiment public, le premierconsul était résolu de se porter aux plus grandes extrémités. Il neparlait que de briser les corps qui lui résisteraient.! Ainsi les passionshumaines allaient mêler leurs emportements aux plus belles œuvresd'un grand homme et d’une grande époque.