LIVRE XIV.
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centes; et, si l’on ajoute les centimes additionnels pour le servicedes départements, qui se comptaient alors en dehors et s'élevaient àsoixante millions environ , si l’on ajoute les frais de percoption, quin'étaient pas portés au budget général parce que chaque régie des im-pôts payait elle-même ses propres dépenses, lesquelles montaient àsoixante et dix millions, on peut évaluer en totalité à six cent vingt-cinq ou six cent trente millions le budget définitif de la France à cetteépoque.
La paix amenait des économies dans certains services, des augmen-tations dans quelques autres, mais en élevant le produit de tous lesimpôts à vue d’œil, préparait le rétablissement de Icquilibrcentre lesdépenses et le revenu, équilibre si désiré, si peu prévu deux annéesauparavant. L’administration de la guerre, divisée en deux ministères,celui du matériel et celui du personnel, devait coûter deux cent dixmillions au lieu de deux cent cinquante. On sera étonné sans doutequ'il n’y eût que quarante millions de différence entre l'étal de guerreet l'état de paix; mais il ne faut pas oublier que nos armées victorieusesavaient vécu sur le sol étranger, et que rentrées depuis sur notre terri-toire, sauf une centaine de mille hommes, elles étaient alimentées parle trésor français. La marine, qu’on avait cru devoir fixer à quatre-vingts millions depuis la fin des hostilités, était portée à cent cinqmillions par le premier consul, qui était d'avis qu’on doit employer letemps de paix à organiser la marine d’un grand État. D'autres dé-penses singulièrement réduites prouvaient par leur réduction l'heureuxprogrès du crédit. Les obligations (les receveurs généraux, dont on avu ailleurs l’origine, l’utilité, le succès, ne s’étaient d’abord escomptéesqu'à un pour cent par mois, puis à trois quarts. Aujourd'hui elless’escomptaient à un demi pour cent par mois, c’est-à-dire à six pourcent par an. Aussi avait-on pu sans injustice réduire l'intérêt des cau-tionnements de sept à six pour cent. Toutes ces économies avaient ra-mené les frais de négociation du trésor, de trente-deux millions àquinze. Aucune réduction ne faisait autant d'honneur au gouvernement,et ne prouvait mieux le crédit dont il jouissait. La rente cinq pourcent, montée d’abord de douze à quarante et cinquante francs, étaitdans le moment à soixante.
A côté de ces diminutions de dépenses, se rencontraient quelquesaugmentations, qui étaient la suite des sages arrangements financiersproposés en l’an IX, et si injustement critiqués par le tribunal. Le gou-