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LIVRE XV.
Alexandre aux arrangements de l’Allemagne , de l'y intéresser, en trai-tant bien ses protégés, en flattant son orgueil, en paraissant tenirgrand compte de son influence. IVabord on y était obligé par les ar-ticles secrets annexés au dernier traité de paix, articles par lesquels ons’était engagé à se concerter avec le cabinet russe pour l'affaire des in-demnités germaniques. Le premier consul avait pensé qu'il ne fallaitpas lui laisser le temps de réclamer son droit d'intervenir, et, dans sacorrespondance personnelle avec le jeune empereur, l’entretenant avecconfiance de toutes les grandes affaires de l’Europe , il lui avait de-mandé scs intentions à l’égard des maisons de Wurtemberg et deBaden, qui avaient l’honneur d’être alliées à la famille impériale. Eneffet, l'impératrice douairière, veuve de Paul I ", mcrc d'Alexandre,était une princesse de Wurtemberg; l'impératrice régnante, époused’Alexandre, était une princesse de Baden. Celle-ci était l’une de cestrois brillantes sœurs, nées dans la petite cour de Carlsrulie, et assisesà cette époque sur les trônes de Bavière, de Suède, de Russie .
Le czar, flatté de ces avances, accepta volontiers les ouvertures dupremier consul, et ne songea pas un instant à entrer dans la pensée del'Autriche , qui voulait attirer la négociation à Pétersbourg. Quelquesatisfait qu’il eût été de voir la plus grande affaire du continent traitéechez lui, il eut le bon esprit de n’y pas prétendre un moment. Il auto-risa donc M. de Markoff à négocier sur ce sujet à Paris . Wurtemberg,Baden, étaient pour lui les moindres intérêts de cette négociation. Sonintérêt essentiel, c’était de participer ostensiblement à la négociationtout entière. Le premier consul ne laissa rien à désirer à l’empereurAlexandre, quant à l’extérieur du rôle à jouer, et lui offrit une manièrede figurer égale à celle du cabinet français , en lui proposant de consti-tuer la France et la Russie médiatrices entre les divers Étals de laconfédération germanique.
Cette idée était des plus heureuses. 11 fallait bien, en effet, aprèsavoir arrêté avec les principaux intéressés lapait qui leur serait faite, semettre enfin en communication avec le corps germanique assemblé àRatisbonne , et l’amener à ratifier les arrangements individuellementsouscrits. Le premier consul imagina de réunir ces arrangements enun plan général, et de le présenter à la diète de Ratisbonne au nom dela France et de la Russie , se constituant spontanément puissances mé-diatrices. Celte forme sauvait la dignité du corps germanique, qui neparaissait plus dictalorialemcnt organisé par la France , mais qui, dans