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RUPTURE DE LA PAIX DAMIENS.

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Cession de la Louisiane aux Etats-Unis , moyennant quatre-vingts millions.

— M. de Talleyrand s'efforce de calmer le premier consul, et oppose une inertiecalculée à l'irritation croissante des deux gouvernements. — Lord Withworthle seconde. — Prolongation de cette situation. — Nécessité d’en sortir. — Lecabinet britannique finit par avouer qu’il veut garder Malte. — Le premierconsul répond par la sommation d'exécuter les traités. — Le ministère Adding-ton, de peur de succomber dans le parlement, persiste à demander Malte. — Onimagine plusieurs termes moyens qui n’ont aucun succès. — Offre de la France de mettre Malte en dépôt dans les mains de l’empereur Alexandre. — Refus decette offre. —• Départ des deux ambassadeurs. — Rupture de la paix d’Amiens .

— Anxiété publique tant à Londres qu’à Paris . — Causes de la brièveté de cettepaix — A qui appartiennent les torts de la rupture?

Tandis que le premier consul réglait en arbitre suprême les affairesdu continent européen , son ardente activité, embrassant les deuxmondes, s étendait jusque dans l'Amérique et les Indes , pour y rétablirl’ancienne grandeur coloniale de la France .

Aujourd'hui que les nations européennes sont devenues manufac-turières bien plus que commerçantes; aujourd'hui qu’elles sont parve-nues à imiter, à surpasser ce quelles allaient chercher au delà desmers; aujourd'hui enfin que les grandes colonies, affranchies de leursmétropoles, sont montées au rang d'Etats indépendants, le tableau dumonde est changé au point de ne pas le reconnaître. De nouvelles am-bitions ont succédé à celles qui le divisaient alors, et on a peine à com-prendre les motifs pour lesquels coulait il y a un siècle le sang deshommes. L’Angleterre possédait, à titre de colonie, l’Amcrique duNord ; l’Espagne, au même titre, possédait l’Amérique du Sud ; la France possédait les principales Antilles, et la plus belle de toutes, Saint-Do-mingue. L’Angleterre et la France se disputaient l’Inde . Chacune deces puissances imposait à ses colonies l’obligation de ne donner qu’à elle-même les denrées tropicales, de ne recevoir que d’elle seule les produitsd’Europe , de n’admettre que ses vaisseaux, de n’élever de matelots quepour sa marine. Chaque colonie était ainsi une plantation, un marchéet un port fermés. L’Angleterre voulait tirer exclusivement de ses pro-vinces d’Amérique les sucres, les bois de construction, les cotons bruts ;l’Espagne voulait être la seule à extraire du Mexique et du Pérou lesmétaux si enviés de toutes les nations ; l’Angleterre et la France vou-laient dominer l’Inde , pour en exporter les fils de coton, les mousse-lines ■, les indiennes, objets d’une convoitise universelle ; elles voulaientfournir leurs produits en échange , et ne faire tout ce trafic que souseur pavillon. Aujourd’hui ces ardents désirs des nations ont fait placeà d’autres. Le sucre, qu’il fallait extraire d’une plante née et cultivée