RUPTURE DE LA PAIX D A.IIIENS.
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noires s’était surtout assouvie sur les riches magasins du Cap. Lestroupes et la population s’employèrent de leur mieux à effacer lestraces de l’incendie. Ou lit un appel aux nègres cultivateurs qui étaientfatigués de cette vie de ravage et de sang, à laquelle on voulait de nou-veau les entraîner, et on en vit beaucoup revenir à leurs maîtres et àleurs travaux. En peu de jours la ville reprit un certain aspect d'ordreet d’activité. Le capitaine général envoya une partie de scs bâtimentsvers le continent d’Amérique , pour y chercher des vivres, et remplacerles ressources qui venaient d'être détruites.
Dans cet intervalle, l’escadre de l'amiral Latouche-Trévillc, se por-tant à l'ouest, avait doublé la pointe de l île, et s’était rendue devantla baie de Port-au-Prince, pour y opérer son débarquement. Un blanc,engagé au service des noirs, nommé Agé, officier plein de bons senti-ments, y commandait en l'absence de Dessaliues, résidant à Saint-Marc. Sa répugnance à exécuter les ordres qu’il avait rcc.us, la vigueurde l’amiral Lalouche-Tréville, la promptitude du général Boudet, lafortune enfin qui favorisa cette partie des opérations, sauvèrent la villedu Port-au-Prince des malheurs qui avaient frappé celle du Cap. L’a -miral Latouche fit construire des radeaux armés d'artillerie, parvintainsi à débarquer soudainement les troupes à la pointe du Lamentin,puis fit voile en toute hâte vers le Port-au-Prince . Pendant ce rapidemouvement des vaisseaux, les troupes s'avancaient de leur côté sur laville. Le fort Bizoton se trouvait sur la route. On s’en approcha sanstirer. « Laissons-nous tuer sans faire feu, s’écria le général Boudet, afinde prévenir une collision, et de sauver, si nous pouvons, nos malheureuxcompatriotes de la fureur des noirs. » C’était en effet le seul moyend'éviter le massacre dont les blancs étaient menacés. La garnison noiredu fort Bizoton en voyant l'attitude amicale et résolue des troupes fran-çaises, se rendit, et vint prendre place dans les rangs de la divisionBoudet. On arriva sur le Port-au-Prince , au moment même où l'amiralLatouche-Tréville y touchait avec scs vaisseaux. Quatre mille noirs enformaient la garnison. Des hauteurs sur lesquelles cheminait l’armée,on voyait ces noirs répandus au milieu des principales places, ou postésen avant îles murs. Le général Boudet fit tourner la ville 1 par deuxbataillons, et avec le gros de la division marcha sur les redoutes quila couvraient. « Nous sommes amis, s’écrièrent lis premières troupes
(F. W.)