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LIVRE XVII.
Tamise, Douvres, Folkstone et Brighlon, étaient fort petits; mais,quels qu’ils fussent, il fallait, pour opérer un si vaste débarquement,se jeter tout simplement à la côte, et, pour ce motif encore, des bâ-timents propres à lechouagc. C’étaient là les diverses raisons qui avaientfait adopter des bateaux plats, pouvant marcher à l’aviron, afin depasser, soit en calme, soit en brume; pouvant porter du gros canon,sans tirer plus de sept ou huit pieds d’eau, afin de se mouvoir librementdans les ports français delà Manche, afin dcchouer, sans se briser, surles plages d’Angleterre.
Pour satisfaire à ces conditions réunis, on imagina de grosses cha-loupes canonnières, à fond plat, solidement construites, et de deuxespèces diverses, pour répondre à deux besoins différents. Les chaloupesde la première espèce, qu'on appela proprement chaloupes canonnières,étaient construites de manière à porter quatre pièces de gros calibre,depuis le 24 jusqu’au 36, deux sur l’avant, deux sur l'arrière, et enmesure, par conséquent, de répondre au feu des vaisseaux et des fré-gates. Cinq cents chaloupes canonnières, armées de 4 pièces, pouvaientainsi égaler le feu de vingt vaisseaux de cent canons. Elles étaient grééescomme des bricks, c’est-à-dirc à deux màts,manœuvrées par 24 matelots,et capables de contenir une compagnie d'infanterie de cent hommes,avec son état-major, scs armes et ses munitions.
Les chaloupes de la seconde espèce, qu'on appela, pour les distinguerdes autres, bateaux canonniers, étaient moins fortement armées, moinsmaniables, mais destinées à porter, indépendamment de l'infanterie,l'artillerie de campagne. Ces bateaux dits canonniers étaient pourvussur l'avant d’une pièce de24, et sur l’arrière d’une pièce de campagne,laissée sur son affût, avec les apparaux nécessaires pour l’embarqueret la débarquer en quelques minutes. Ils portaient, de plus, un caissond’artillerie, rempli de munitions, et disposé sur le pont de manière àne pas gêner la manœuvre, et à pouvoir être mis à terre en un clind’œil. Ils contenaient enfin, au centre môme de leur cale, une petiteécurie, dans laquelle devaient être logés deux chevaux d’artillerie,avec des vivres pour plusieurs jours. Celte écurie, placée au centre,ouverte par le haut, surmontée d’un couvercle mobile, était combinéeavec la mâture, de façon qu’un cheval, saisi à terre par une vergue,enlevé rapidement, était descendu dans sa loge avec la plus grandefacilité. Ces bateaux canonniers, inférieurs par leur armement auxchaloupes canonnières, mais pouvant lancer un gros boulet, et jeter de