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LIVRE XVII.

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l’autre à deux lieues de Boulogne; elles étaient en outre placées sous lemême vent. En y creusant le sol, en y pratiquant des chasses, il étaitpossible d’y abriter plusieurs centaines de bâtiments; ce qui auraitcomplété les moyens de loger la flottille entière. La plus proche de cesdeux petites rivières était le Wimcrcux, débouchant près d’un villageappelé Wimcrcux. L’autre était la Sclacquc, débouchant près d’unvillage de pêcheurs appelé Ambletcuse. Sous Louis XVI on avait songéà y creuser des bassins, mais les travaux exécutés à cette époqueavaient complètement disparu sous la vase et les sables. Le premierconsul ordonna aux ingénieurs l’examen des localités ; et, dans le casd’une réponse favorable à ses vues, des troupes y devaient être employées,et campées sons baraques, comme à Étaples et Boulogne. Ces deuxports devaient contenir, l’un deux cents, l’autre trois cents bâtiments;c’étaient donc cinq cents qui sc trouvaient encore abrités. La garde,les grenadiers réunis, les réserves de cavalerie et d’artillerie, et lesdivers corps qui étaient en formation entre Lille, Douai, Arras ,devaient trouver là leurs moyens d’embarquement.

Restait la flottille batave, destinée à porter le corps du généralDavoust, et qui, d’après le traité conclu avec la Hollande, était indé-pendante de fescadre de ligne réunie au Texel. Malheureusement laflottille batave était moins activement armée que la flottille française.C’était une question de savoir si elle partirait de l’Escaut pour la côted’Angleterre, en la faisant escorter par quelques frégates, ou si onl’amènerait à Dunkerque et Calais , pour la faire partir des ports placésà la droite du cap Grisnez. L’amiral Bruix était chargé de résoudre cettequestion. Le corps du général Davoust, qui formait la droite del’armée, se serait ainsi trouvé rapproché du centre. On ne désespéraitmême pas, à force d’élargir les bassins et de serrer le campement, delui faire doubler le cap de Grisnez, et de l’établir à Ambleteuse etWimercux. Alors les flottilles française et batave, réunies au nombrede deux mille trois cents bâtiments, portant les corps des générauxDavoust, Soult, Ncy, plus la réserve, c’est-à-dire 120,000 hommes,pouvaient partir simultanément, par le même vent, des quatre portsplacés dans l’intérieur du détroit, avec certitude d’agir ensemble. Lesdeux grandes flottes de guerre appareillant, l’une de Brest , l’autre duTexel, devaient porter les 40,000 hommes restants, dont le concourset l’emploi étaient le secret exclusif du premier consul.

Pour compléter toutes les parties de cette vaste organisation, il