LIVRE XVII.
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dans la Méditerranée. Le premier consul avait été près d’y consentirpour garder la paix. Lancé maintenant dans la guerre, plein d’espé-rance de réussir, il ne voulait plus faire un tel sacrifice. Indemniser leroi de Piémont n’était pas pour lui une difficulté; il était disposé à con-sacrer à cet objet Parme ou un équivalent. Évacuer Tarente et le Ha-novre la paix rétablie, était une suite naturelle de la paix même. Maisévacuer la république italienne qui n’avait point d’armée, la Suisse ,la Hollande, qui étaient menacées d'une contre-révolution immédiatesi Iqs troupes françaises se retiraient, c’était lui demander de livrer auxennemis de la France les Etats dont on avait acquis le droit dedisposer, par dix ans de guerres et de victoires. Le premier consul nepouvait adhérer à de telles conditions. Ce qui le décidait plus souve-rainement encore à ne pas laisser continuer cette médiation, cctait laforme sous laquelle on l'offrait. Le premier consul avait consenti à unarbitrage suprême, absolu et sans appel, du jeune empereur lui-même,car c’était intéresser l’honneur de ce monarque à être juste, et se donnerde plus la certitude d’en finir. Mais s’en remettre à la partialité desagents russes, tous dévoués à l’Angleterre, c’était souscrire à une négo-ciation désavantageuse et sans terme.
Il déclara donc, après avoir discuté les propositions de la Russie ,après avoir montré l’injustice et le danger de quelques-unes, qu’il étaittoujours prêt à accepter l’arbitrage personnel du czar lui-même, maisnon une négociation conduite par son cabinet d’une manière peu ami-cale pour la France , et tellement compliquée, qu’on ne pouvait enespérer la fin; qu’il remerciait le cabinet de Saint-Pétersbourg de sesbons offices, qu’il renonçait toutefois à s’en servir davantage, s’en re-mettant à la guerre du soin de ramener la paix. La déclaration dupremier consul se terminait par ces paroles, profondément empreintesde son caractère : «Le premier consul a tout fait pour conserver la paix;ses efforts ayantété vains, il a dù voir que la guerre était dans l’ordredu destin. Il fera la guerre, et il ne pliera pas devant une nation or-gueilleuse, en possession, depuis vingt ans, de faire plier toutes lespuissances. » (29 août 1803.)
M. de Markoff fut sèchement traité, et avait mérité de l’èlre par sonlangage et son attitude à Paris . Approbateur constant de l’Angleterre,de ses prétentions, de sa conduite, il était le détracteur avoué de laFrance et de son gouvernement. Quand on lui disait qu’il ne se confor-mait pas ainsi aux intentions, du moins apparentes, de son maître, qui