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LIVRE XVII.

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bravé la disgrâce, la mort, tout, plutôt qu’un tel déploiement de l’au-torité étrangère. Mais l'indignité de sa position ne laissait au prince deLa Paix aucune ressource d’énergie. Il se soumit, et affirma sur sa pa-role d’Ilonneur que des instructions venaient d’être envoyées à M. d’A-zara, avec pouvoir de consentir à tout ce que demandait le premierconsul. Cette réponse fut rapportée au général Beurnonville. Celui-ci,qui avait ordre d’exiger une solution immédiate , et de ne,pas se payerd'un nouveau renvoi à Paris , déclara au prince qu’il avait pour in-struction expresse de n’eu pas croire sa parole,et d’exiger une signatureà Madrid même, ou de remettre au roi la fatale lettre. Le prince de LaPaix répéta sa triste version, que tout se terminait à Paris dans lemoment, et conformément aux volontés du premier consul. Celte mi-sérable cour croyait sauver son honneur, en laissant à M. d’Azara letriste rôle de se soumettre aux volontés de la France , et en renvoyantà quatre cents lieues d’elle le spectacle de son abaissement. Le généralBeurnonville se crut alors obligé de porter au roi la lettre du premierconsul. Les directeurs du roi, c’est-à-dire la reine et le prince, auraientpu refuser l'audience, mais un courrier aurait ordonné à Augcrcaud'entrer en Espagne . Ils trouvèrent un moyen de tout arranger. Ils con-seillèrent à Charles IV de recevoir la lettre, mais en lui persuadantde ne pas l’ouvrir, parce qu elle contenait des expressions dont il auraità s’offenser. Ils s’efforcèrent de lui prouver qu’en la recevant il s’épar-gnerait l’entrée de l’armée française, et qu’en ne l’ouvrant pas il sau-verait sa dignité. Les choses furent ainsi disposées. Le général Beur-nouville fut admis à 1 Escurial, en présence du roi et de la reine, horsde la présence du prince de La Paix, qu’il avait ordre de ne pas souffrir,et remit au monarque espagnol l’accablante dénonciation dont il étaitporteur. Charles IV , avec une aisance qui prouvait son ignorance, dità l’ambassadeur : « Je reçois la lettre du premier consul, puisqu’il lefaut, mais je vous la rendrai bientôt, sans l'avoir ouverte. Vous saurezsous peu de jours que votre démarche était inutile, car M. d’Azara étaitchargé de tout terminer à Paris . J'estime le premier consul ; je veuxêtre son fidèle allié, et lui fournir tous les secours dont ma couronnepeut disposer. » Après cette réponse officielle, le roi, reprenant le tond’une familiarité peu digne du trône et de la situation présente, parlaen termes d’une vulgarité embarrassante de la vivacité de son ami legénéral Bonaparte, et de sa résolution de tout lui pardonner pour nepas rompre l’union des deux cours. L’ambassadeur se retira confondu,