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LIVRE XVII.

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Cherbourg et Le Havre jusqu à Boulogne . Ces corps de cavalerie, diviséspar arrondissements, avaient avec eux des batteries d’artillerie attelées,dressées à manœuvrer avec une extrême rapidité, et à courir au galopsur les sables unis que la mer laisse à découvert en se retirant. Cessables, qu’on appelle l’estran, sont en général solides, au point deporter des chevaux et des voilures. Nos escadrons, traînant l’artillerieà leur suite, devaient parcourir sans cesse la plage, s’avancer ou seretirer avec la mer, et protéger de leurs feux les bateaux en marche.Ordinairement on n’attelle que du petit calibre ; le premier consulavait poussé l’emploi de tous les moyens jusqu’à faire atteler du 16,roulant aussi vile que du 4 et du 8. Il avait exigé et obtenu que chaquecavalier, devenu propre à tous les services, se pliât à mettre pied àterre, à tirer les pièces, ou à courir la carabine à la main au secoursdes matelots échoués sur le rivage. « Il faut faire souvenir les hussards,» écrivait-il au ministre de la guerre, qu’un soldat français doit être» cavalier, fantassin, canonnier, qu’il doit faire face à tout. » (29sep-tembre.) Deux généraux, Lemarrois et Sébastiani, étaient chargés ducommandement de toute cette cavalerie. Ils avaient ordre d’être sanseesse à cheval, de faire manœuvrer tous les jours les escadrons avec leurspièces, et de se tenirconslammcnt avertis du mouvement des convois,afin de les escorter dans leur marche *.

’ La lettre suivante, écrite à propos d'une négligence commise, prouvequel état il avait mis la côte.

30 octobre 1893.

Au général Davoust.

Citoyen général Davoust, je n’ai vu qu’avec peine, par le rapport du général debrigade Seras, que les Anglais avaient eu le temps de piller et de dégrécr le bâti-ment qui était échoué entre Gravelines et Calais . Dans la situation actuelle de lacôte, jamais pareil événement ne serait arrivé depuis Bordeaux . Des détachementsde cavalerie et des pièces mobiles seraient arrivés pour empêcher les Anglais depiller le bâtiment. Voilà la seconde fois que des bâtiments échoués sur cette côtene sont point secourus. La faute en est à celui que vous avez chargé de la sur-veillance de la côte. Chargez deux généraux de brigade de l'inspection de la côte :l’un de Calais à Dunkerque, l’autre de Dunkerque à l’Escaut. Que des piquets decavalerie soient disposés de manière à se croiser sans cesse, et que des piècessoient placées avec des attelages, de manière qu’au premier signal elles puissentarriver dans le moins de temps possible aux endroits où les bâtiments seraientéchoués. Enfin ces généraux inspecteurs doivent toujours être à cheval, fairemanœuvrer les batteries de terre, inspecter les canonniers gardes-côtes, escorterles flottilles sur l’estran, lorsqu’elles se mettront en mouvement. Faites-moi con-naître le nom de tous les postes que vous aurez placés, et l'endroit où vous aurezétabli des pièces mobiles.