LIVRE XVJII.
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prononcées pour l’affirmative. La majorité, par une disposition assezordinaire aux assemblées politiques, aurait voulu, sans passer par unbouleversement ministériel, amener au timon de l'État les hommes lesplus renommés et les plus capables. Dans l’attente de sa prochaine ren-trée aux affaires, M. Pitt prenait part à toutes les discussions, presquecomme s’il eût été ministre, mais plutôt pour appuyer et compléter lesmesures du gouvernement que pour les contredire.
La principale de ces mesures était l’organisation d’une armée. L’An-gleterre en avait une, dispersée dans l’Inde, dans l’Amérique , dans tousles postes de la Méditerranée, composée d’Irlandais, d’Ecossais, deHauovriens, de Hcssois, de Suisses , de Maltais même, et formée parl’art des recruteurs, si répandu en Europe avant l’institution de la con-scription. Elle s’était fort bien conduite en Égypte , comme on l’a vuprécédemment. Elle s'élevait à 130,000 hommes environ. Or, on saitque, sur 130,000 hommes, il faut une bien bonne administrationpour en avoir 80,000 capables de servir activement. A cette force,dont le tiers au moins était absorbé par la garde de l’Irlande , se joi-gnaient 50,000 hommes de milice, récemment portés à 70,000, troupenationale qu’on ne pouvait pas faire sortir de sa province, et qui n’avaitjamais vu le feu. Elle était conduite par des officiers en retraite, pardes seigneurs anglais , pleins de patriotisme sans doute, mais peu aufait de la guerre, et bien novices pour être opposés aux vieilles bandesqui avaient vaincu la coalition européenne.
Comment pourvoir à une telle insuffisance? Le ministère, entourédes militaires les plus instruits, imagina la création d’une armée ditede réserve, forte de 50,000 hommes, formée d'Anglais , par tirage ausort, et ne pouvant être employée que dans l ctendue du royaume-uni .On suppléait ainsi à l’armée de ligne, et on lui ménageait un renfortde 50,000 hommes. Le remplacement était permis, mais il devait, vules circonstances, se faire à un prix très-élevé. C’était peu de chose, etpourtant c’était tout ce qu’on pouvait entreprendre dans le moment.M. Windham, se plaçant au point de vue du parti de la guerre, attaquala proposition comme insuffisante. Il demanda la création d’une grandearmée de ligne, qui, composée d’après les mêmes principes que l’arméefrançaise, c’est-à-dire par la conscription, serait aux ordres absolus dugouvernement, et pourrait être portée en fout lieu. Il dit que ce qu’a-vait imaginé le ministère n était qu’une extension des milices, ne vau-drait pas mieux, surtout en face des bandes éprouvées qu’on avait à