LIVRE XVIII.
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Comme George, ces messieurs cherchaient à s’excuser d'èlre trouvésen si mauvaise compagnie, en répétant qu’un prince français devaitêtre avec eux. Ce prince n’étant pas venu, ne se proposant plus de venir,ils étaient assurés de ne pas le mettre en péril, car il était couvert partoute la largeur de la Manche. Les imprudents ne se doutaient pas qu’ily en avait d’autres moins bien abrités, et qui payeraient peut-être deleur sang les projets conçus et préparés à Londres .
Plût au ciel que le premier consul se fût contenté de ce qu’il avaitsous la main pour confondre ses ennemis ! Il avait le moyen de les faire
1). Quel a été le résultat des observations que vous avez faites sur la situationpolitique, sur le gouvernement, et sur l’opinion? Qu'auriez-vous marqué auxprinces à ce sujet, si vous aviez pu leur écrire et vous rendre auprès d’eux ?
R. En général, j’ai cru voir en France beaucoup d’égoïsme, d’apathie, et ungrand désir de conserver la tranquillité.
Extrait du deuxième interrogatoire de 31. Armand de Polignac,
22 ventôse (13 mars).
Tome II, pa;j;e 239.
Je suis débarqué sur les côtes de Normandie ; après plusieurs séjours, j’ai logéprès l’Isle-Adam, dans un endroit où se trouvait George, aussi connu sous le nomde Lorière.
Nous sommes venus à Paris ensemble, et avec quelques officiers à sa disposition.
Lorsque je suis parti cette dernière fois de Londres , je savais quels étaient lesprojets du comte d’Artois ; je lui étais trop attaché pour ne pas l'accompagner.
Son plan était d’arriver en France , de faire proposer au premier consul d’aban-donner les rênes du gouvernement, afin qu’il pût en saisir son frère.
Si le premier consul eût rejeté cette proposition, le comte était décidé à engagerune attaque de vive force, pour tâcher de reconquérir les droits qu’il regardaitcomme appartenant à sa famille.
Je n’ignorais pas qu’il n’était pas encore prêt à tenter la descente lorsque je suisparti; si je l'ai devancé, c’est par désir de voir, comme je l’ai dit, mes parents, mafemme et mes amis.
Lorsqu'il fut question d’un second débarquement, le comte d’Artois me lit en-tendre qu'en raison de la confiance qu’il avait en moi et du zèle que j’avais tou-jours témoigné, il désirait que j’en lisse partie ; c’est ce qui me détermina à passersur le premier bâtiment.
Je dois vous observer qu’au moment de mon départ, j’ai hautement déclaré que,si tous ces moyens n’avaient pas le cachet de la loyauté, je me retirerais et repas-serais en Russie .
Demande. Est-il à votre connaissance que le général Moreau voyait Pichegru et George Cadoudal ?
Réponse. J’ai su qu’il y avait eu une conférence très-sérieuse à Chaillot, maisonnuméro six, où logeait George Cadoudal, entre ledit Cadoudal , le général Moreauet Pichegru , ex-général.
On m’a assuré que George Cadoudal, après différentes ouvertures et explica-