CONSPIRATION DE GEORGE
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Biville, où l'on avait vainement attendu les princes mêlés au complot,et il lui confia le soin de veiller au sacrifice du prince qui n’y avaitaucune part. Le colonel Savary était prêt à donner au premier consulsa vie, son honneur. Il ne conseillait rien, il exécutait en soldatce que lui commandait un maître auquel il portait un attachementsans bornes. Le premier consul fit rédiger tous les ordres, les signalui-même, puis enjoignit à Savary de les porter à Murat, et d’aller àVincennespour présidera leur exécution. Ces ordres étaient complets etpositifs. Ils contenaient la composition de la commission, la désigna-tion des colonels de la garnison qui devaient en être membres, l’indi-cation du général Hullin comme président, l’injonction de se réunirimmédiatement, pour tout finir la nuit; et si, comme on ne pouvait endouter, la condamnation était une condamnation à mort, de faireexécuter le prisonnier sur-le-champ *. Un détachement de la gendar-
1 Ni le décret des consuls, ni l'ordre du général Murat ne parlent d'exécution.Je vais reproduire ces deux pièces historiques ; elles éclairciront plus ou moins lesfaits que l’auteur a rapportés sous un point de vue qui s’éloigne malheureusementde la stricte vérité. Il n'est pas juste, en effet, d'assombrir ainsi le tableau, de pré-senter l’arrestation du duc d’Enghien comme une vengeance décidée d’avance dupremier consul et de regarder la commission qui devait juger le jeune princecomme une simple plaisanterie de la part de Bonaparte , car alors la catastrophedu 21 mars ne serait plus un coup d’État, une suite de la découverte du complot deGeorge, de Pichegru et de Moreau, mais un crime odieux, un froid assassinat, etcertes ce ne peut pas être l’opinion de M. Thiers .
Voici l’arrêté des consuls :
LIBERTÉ. — ÉGALITÉ.
» Paris , ce 29 venlôsc, l’an XII de la république une et indivisible.
» Le gouvernement de la république arrête ce qui suit :
» Article I e1 . Le ci-devant duc d’Enghien, prévenu d’avoir,porté les armes contrela république, d’avoir été et d’être encore à la solde de l’Angleterre, de faire partiedes complots tramés par cette dernière puissance contre la sûreté intérieure etextérieure de la république, sera traduit à une commission militaire, composée desept membres nommés par le général gouverneur de Paris et qui se réunira à Vin-ccnnes.
n Art. IL Le grand juge, le ministre de la guerre et le général gouverneur deParis sont chargés de l’exécution du présent arrêté.
» Le premier consul,
» Boxaparte.
» Par le premier consul,
Voici maintenant l’ordonnance du général Murat.
« Le général en chef gouverneur de Paris,
» En exécution de l’arrêté du gouvernement, en date de ce jour, portant que leci-devant duc d’Enghien sera traduit devant une commission militaire composéeIV. 17