CONSPIRATION DE GEORGE.
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révolution innocente encore, quittèrent leur pairie pour chercher entous lieux des ennemis de la France . Cette révolution, revenue de seségarements, et conduite par un grand homme, se montrait maintenantsage, humaine et pacifique. Ces émigrés, elle les avait rappelés, réin-tégrés dans leur patrie, dans leurs biens, et se préparait à leur rendretout l’éclat de leur ancienne situation. Comment répondaient-ils à tantde clémence? Étaient-ils reconnaissants, paisibles au moins? Non. Ilsétaient allés chez une nation voisine, jalouse de notre grandeur, et ilss’étaient servis des libertés de cette nation pour les tourner contre laFrance . A force d’indignes pamphlets, ils avaient irrité l’orgueil dedeux peuples trop faciles à exciter; et, après avoir contribué à leurremettre les armes à la main, ils ne s’étaient pas bornés à être les sol-dats du gouvernement britannique, ils lui avaient prêté le secours descomplots. On avait tramé une indigne conspiration ; on avait coloréde sophismes misérables un projet d’assassinat ; on avait envoyé enFrance George et Pichegru . S’il y avait un cœur que la gloire du pre-mier consul eût blessé, c’est à lui qu’on avait eu recours. On avaitégaré, perverti le faible Moreau ; on l’avait trompé, on s’était faittromper par lui; et puis, quand à force d'imprudences on avait étédécouvert par l’œil vigilant de l’homme qu’on voulait détruire, ons’était dénoncé les uns les autres ; et l’on avait cru se justifier, se rele-ver en disant bien haut qu’un prince français devait être à la tète deces horribles exploits ! Le grand homme contre lequel étaient dirigésde si odieux complots, révolté d’être en butte aux meurtrières attaquesde ceux qu’il avait arrachés à la persécution, avait cédé à une colèrefuneste. Il avait attendu au pied d’un rocher ce prince dont on luiannonçait l’arrivée ; il l’avait attendu vainement, et, la tête troubléepar les déclarations des conjurés eux-mèmes, il avait aperçu, en effet,un prince sur les bords du Rhin , qui attendait là le renouvellement dela guerre civile. A cette vue, sa raison s’était égarée; il avait pris ceprince pour le chef des conspirateurs qui menaçaient sa vie ; il avaitmis une sorte d’orgueil à le saisir sur le sol germanique, à frapper unBourbon comme un individu vulgaire, et il l’avait frappé pour ap-prendre aux émigrés et à l’Europe combien il était dangereux et insenséde s’attaquer à sa personne.
Douloureux spectacle, où tout le monde était en faute, même lesvictimes ; où l’on voyait des Français se faire les instruments de lagrandeur britannique contre la grandeur française ; des Bourbons, fils,