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LITRE XXV.
les montagnards des Calabres ou de l’Illyrie ; mais ils opposaient au roiLouis leur inertie, et ne lui suscitaient pas moins d’embarras que lesCalabrais à Joseph. Le gouvernement stathoudérien avait laissé beau-coup de dettes à la Hollande ; les gouvernements qui s’étaient succédédepuis en avaient contracté à leur tour de très-considérables, poursuffire aux charges de la guerre, de sorte que le roi Louis, à son arri-vée en Hollande, y avait trouvé un budget composé d’une dépense de78 millions de florins, et d’un revenu de 33. Dans ces 78 millions dedépenses, le service des intérêts de la dette figurait seul pour 58 mil-lions de florins. Le surplus'était affecté au service de l’armée, de lamarine et des digues. Malgré cette situation, les Hollandais ne vou-laient entendre parler ni de nouveaux impôts, ni d’une réductionquelconque dans les intérêts de la dette, car ces préteurs de profession,habitués à louer leurs capitaux à tous les gouvernements, nationauxou étrangers, regardaient la dette comme la plus sacrée des propriétés.L’idée d’une contribution sur les rentes, à laquelle on avait été amené,parce que les rentes étaient en Hollande la plus répandue, la plus im-portante des valeurs, et par conséquent la plus large base d’impôt,cette idée les révoltait. Il avait fallu y renoncer. On était donc menacé,non pas d’une insurrection, comme à Naples , mais d’une interruptionde tous les services. Au demeurant, les Hollandais n’étaient pas hos-tiles à la nouvelle royauté, par haine de la monarchie, ou par suite deleur attachement pour la maison d’Orange, mais ils souhaitaient ardem-ment la paix maritime, et regrettaient cette paix, source de leursrichesses, encore plus que la république ou le stathoudérat. Ayantavec les Anglais de grandes relations d’intérêt, et des conformités nonmoins grandes de mœurs, ils auraient été portés vers eux, si l’Angle-terre n’avait pas notoirement convoité leurs colonies. Vainement leurdisait-on que, sans la difficulté naissant de ces mêmes colonies, la paixserait plus facile de moitié, que leur participation aux dépenses dela guerre était le juste prix des efforts que faisait la France dans toutesles négociations pour recouvrer leurs possessions maritimes, et qu’onserait en droit de les abandonner s’ils ne voulaient pas contribuer àsoutenir la lutte ; vainement leur disait-on tout cela, ils répondaientqu’ils étaient prêts à renoncer à leurs colonies pour obtenir la paix. Ilsparlaient ainsi, prêts à pousser de justes clameurs, si la France eûttraité sur une pareille base. On peut juger du reste aujourd’hui parla richesse de Java sijfétait un médiocre intérêt que'celui que défen-