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IÉKA.
inouïe, après laquelle les armées et les places se rendaient à la somma-tion de quelques hussards, ou de quelques compagnies d’infanterielégère, ou le trouvera dans la démoralisation, qui suit ordinairementune présomption folle! Après avoir nié, non pas les victoires desFrançais qui n’étaient pas niables, mais leur supériorité militaire, lesPrussiens en furent tellement saisis à la première rencontre, qu’ils necrurent plus la résistance possible, et s’enfuirent en jetant leurs armes.Ils furent atterrés, et l’Europe le fut avec eux. Elle frémit tout entièreaprès léna, plus encore qu’après Austerlitz, car après Austerlitz laconfiance dans l’armée prussienne restait du moins aux ennemis de laFrance . Après léna le continent entier semblait appartenir à l’arméefrançaise. Les soldats du grand Frédéric avaient été la dernière ressourcede l’envie : ces soldats vaincus, il ne restait à l’envie que cette autreressource, la seule, hélas! qui ne lui manque jamais, de prédire lesfautes d’un génie désormais irrésistible, de prétendre qu’à de telssuccès aucune raison humaine ne pourrait tenir ; et il est malheureu-sement vrai que le génie, après avoir désespéré l’envie par ses succès,se charge lui-même de la consoler par ses fautes.