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LIVRE XXVI.

l’avenir, que donnaient en ce moment les passions déchaînées des deuxplus grands peuples de la terre!

A peine ce décret, conçu , rédigé par Napoléon lui-même, et luiseul, sans la participation de M. de Talleyrand , à peine ce décretétait-il signé, qu’il fut envoyé par des courriers extraordinaires aux sgouvernements de Hollande, d’Espagne et d’Italie , avec ordre aux uns, jjsommation aux autres, de le mettre immédiatement à exécution. Le jmaréchal Mortier, qui avait déjà envahi la liesse, fut chargé de jse diriger en toute hâte sur les villes lianséatiques, Brème, Hambourg ,Lubeck , et de s’emparer non-seulement de ces villes, mais des portsdu Mecklembourg et de la Poméranie suédoise, jusqu’aux bouches de ,l’Oder . Il lui était prescrit d’occuper les riches entrepôts des villes han-séatiques, d’y saisir les marchandises d’origine britannique, d’y arrêterles négociants anglais , et de faire tout cela avec ponctualité, exactitudeet probité. C’est parce qu’il espérait du maréchal Mortier , plus quede tout autre, une exécution également rigoureuse et probe , que Na-poléon l’avait chargé d’une pareille commission. Il lui ordonna d’amener )en Allemagne un certain nombre de marins tirés de la flottille de Bou-logne, et de les faire croiser dans des embarcations aux embouchures ]

de l’Elbe et du Weser, d’armer de canons toutes les passes, et de ’

couler à fond tout bâtiment suspect qui chercherait à forcer le blocus.

Tel fut le blocus continental , par lequel Napoléon répondit aublocus sur le papier , imaginé par l’Angleterre.

Mais pour soumettre le continent à sa politique, il fallait que Napo-léon poussât la guerre plus loin encore qu’il ne l’avait fait. L’Autriche était, il y a six mois, dans ses puissantes mains; elle y pouvait êtreencore dès qu’il le voudrait. La Prusse y était actuellement. Mais laRussie , toujours repoussée quand elle avait paru dans les régions del’Occident , échappait néanmoins à ses coups, en se retirant au delà de ila Vistule et du Niémen . Elle était le seul allié qui restât à l’Angleterre,et il fallait la battre, aussi complètement qu’on avait battu l’Autriche •;

et la Prusse , pour réaliser dans toute son étendue la politique de j

vaincre la mer par la terre. Napoléon était donc résolu à s’élever au -j

nord, et à courir à la rencontre des Russes , au milieu des campagnes ?

de la Pologne , prêtes à s’insurger à son aspect. Jamais guerrier parti j

du Rhin n’avait touché à la Vistule, encore moins au Niémen . Mais I

celui qui avait fait flotter le drapeau tricolore sur les bords de l’Adige, |

du Nil, du Jourdain, du Pô, du Danube, de l’Elbe , pouvait, et devait s