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LIVRE XXVI.
Viviès, filant à droite , essayait à travers des lacs gelés de tourner laposition. La brigade Levasseur, que le feu d’une nombreuse artillerieexcitait à brusquer l’attaque, hâta le pas. Une première ligne d’infan-terie ennemie fut d’abord repoussée à la baïonnette. Mais la cavalerierusse, chargeant h propos sur la gauche de la brigade, renversa le 28%avant qu’il eût le temps de se former en carré. Elle sabra beaucoupde nos fantassins, et enleva une aigle.
Le combat bientôt rétabli se continua de part et d’autre avec achar-nement. Cependant la brigade Viviès ayant débordé la position de*Russes , ceux-ci la quittèrent pour se retirer dans la ville même d’Eylau.Le maréchal Soult y pénétra en même temps qu’eux. Napoléon nevoulait pas qu’on leur laissât la ville d’Eylau, pour le cas incertain,mais probable, d’une grande bataille. On entra donc baïonnette baisséedans Eylau. Les Russes s’y défendirent opiniâtrément de rues en rue.On tourna la ville, et on trouva une de leurs colonnes établie dans uncimetière, devenu fameux depuis par de terribles souvenirs. et quiétait situé en dehors à droite. La brigade Viviès emporta ce cimetièreaprès un combat des plus rudes. Les Russes se replièrent au delàd’Eylau. De toutes les rencontres d’arrière-garde celle-ci avait été laplus sanglante, et elle avait coûté au corps du maréchal Soult despertes considérables. On se jeta un peu en désordre dans la villed’Eylau, les soldats se dispersant pour vivre, et surprenant dans lesmaisons beaucoup de Russes qui n’avaient pas eu le temps de s’enfuir.
La première opinion que conçut Murat, et qu’il transmit à Napoléon ,c’est que les Russes , ayant perdu le point d’appui d’Eylau, iraient enchercher un plus éloigné. Cependant quelques officiers égarés danscette mêlée avaient aperçu les Russes établis un peu au delà d’Eylau,et allumant leurs feux de bivac pour y passer la nuit. Cette observa-tion, confirmée par de nouveaux rapports, ne permit aucun doute surl’importance de la journée du lendemain 8 février ; et en effet, elleen a acquis une, qui lui assure l’immortalité dans les siècles.
Il devenait évident que les Russes , s’arrêtant cette fois après le com-bat du soir, et n’employant pas la nuit à marcher, étaient résolus àengager le lendemain une action générale. L’armée française était ha-
faisaient partie de la division Levai. L’attaque dont part? l’auteur fut faite par te46e et te 18e. sous la direction de Viviès et Levasseur. On peut s'en rapporter, pource dernier fait, au témoignage du 88e bulletin Quant à la composition des brigades,elle résulte des états de situation. . (F. W.).