FRIEDLAND ET TILSIT.
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à n’agir que de concert, à ne traiter avec l’ennemi que du consentementcommun. Le but assigné à leurs efforts était non pas, disaient-ils,l’abaissement de la France , mais l'affranchissement des puissances ,grandes et petites, abaissées par la France . Ils allaient combattre pourfaire évacuer l’Allemagne, la Hollande, l’Italie même, si l’Autriche sejoignait à eux; pour rétablir, à défaut de l’ancienne confédération ger-manique , une nouvelle constitution fédérative qui assurât l’indépen-dance de tous les Etals allemands , et une raisonnable inlluence del’Autriche et de la Prusse sur l’Allemagne . Du reste , l’étendue desréparations projetées devait dépendre des succès de la coalition.D’autres conventions avaient étésignées, laut avec la Suède qu’avecl'Angleterre. Celle-ci , plus intéressée à la guerre que personne , etjusqu’ici profitant des efforts des puissances sans en faire aucun, avaitpromis des subsides et des troupes de débarquement. Son avarice,lorsqu'il s agissait de subsides, avait indisposé le roi de Suède , au pointde dégoûter ce prince de la croisade qu’il avait toujours rêvée contre laFrance. Cependant, la Russie aidant, on avait arraché a l’Angleterreun million sterling pour la Prusse , une allocation annuelle pour lesSuédois employés en Poméranie , et l’engagement d’envoyer un corpsde 20,000 Anglais à Slralsund. La Prusse avait promis, de sou coté,d’envoyer, 8,000 à 10,000 Prussiens à Slralsund, iesquels-joints aux20,000 Anglais , et à 15,000 Suédois, devaient former sur les derrièresde Napoléon une armée respectable , et dautaut plus à craindre pourlui, quelle se couvrirait du voile de l’armistice signé avec le maréchalMortier.
Ces conventions, communiquées à l’Autriche , ne l’entrainèrent pas,D’ailleurs la prise de Dantzig , qui attestait l’impuissance des Russes ,suffisait, avec tout ce qu’on connaissait à Vienne de la situation relativedes armées belligérantes' pour enchaîner celle cour à son système depolitique expectante.
Alexandre et Frédéric-Guillaume étaient donc réduits à lutter contreles Français avec les débris des forces prussiennes, qui consistaient enune trentaine de mille hommes, pour la plupart prisonniers échappésde nos mains, avec l’armée russe recrutée, avec les Suédois, et un corpsanglais promis en Poméranie . Les soldats du général Renningsenétaient toujours dans une cruelle pénurie, et, tandis que Napoléonsavait tirer d’un pays ennemi les plus abondantes ressources, l'admi-nistration russe ne savait pas au milieu d’un pays ami, avec des moyens