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FRIEDLAND ET TILS1T.

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la partagea en deux colonnes mobiles, pour la porter alternativementà droite, au centre, à gauche, partout où le danger l’exigerait. G'étaitla lisière du bois de Sortlack, et le village de ce nom situé sur l’Aile,qu’on se disputait avec le plus de fureur. Les Russes finirent par restermaîtres du village, les Français de la lisière, du bois. Lorsque lesRusses voulaient pénétrer dans ce bois, Lannes en faisait sortir à l’im-proviste une brigade de la division Verdier, et les repoussait, au loin.Effrayés de ces apparitions subites, craignant que dans ce bois mysté-rieux. Napoléon ne fût caché avec son armée, les Russes n’osaientplus s’en approcher.

L’ennemi, ne pouvant forcer notre droite entre Posthenen et Sort-lack, essaya une vigoureuse tentative sur notre gauche, dans la plainede Heinrichsdorf qui présentait moins d’obstacles. La nature du terrainles ayant engagés à porter de ce côté la majeure partie de leur cava-lerie, ils avaient là plus de douze mille cavaliers à opposer aux cinq ousix milie cavaliers du général Grouchy . Celui-ci, s’attachant à compenserl’infériorité du nombre par de bonnes dispositions, déploya dans laplaine une longue ligne de cuirassiers, et sur le flanc de cette ligne,derrière le village d’Heinrichsdorf, plaça en réserve les dragons, labrigade des carabiniers et, l’artillerie légère. Ces dispositions termi-nées, il se mit. à la tète de la ligne déployée de ses cuirassiers, s’avançasur la cavalerie russe comme s’il allait la charger, puis tout à coupfaisant volte-face, il feignit de se retirer au trot devant la masse desescadrons ennemis. Il les attira ainsi à sa suite jusqu’à ce que, dépas-sant Heinrichsdorf, ils prêtassent le liane aux troupes cachées derrièrece village. S’arrêtant alors et revenant sur ses pas, il ramena scs cui-rassiers sur la cavalerie russe, la chargea, la culbuta, l’obligea àrepasser sous Heinrichsdorf, d’où partait une grêle de mitraille, d’oùles dragons et les carabiniers embusqués fondirent sur elle et achevè-rent de la mettre en désordre. Mais les rencontres des troupes à che-val ne sont jamais assez meurtrières pour ne pouvoir pas être renou-velées. La cavalerie russe revint donc à la charge, et chaque ioisrépétant la même manœuvre, le général Grouchy l’attirait au delà deHeinrichsdorf, et la faisait prendre, comme on a vu, en flanc et enqueue, dès quelle dépassait ce village. Après plusieurs engagements,la plaine de Heinrichsdorf nous resta, couverte d’hommes et de che-vaux morts, de cavaliers démontés, de cuirasses étincelantes.

Ainsi d’un coté la résistance que. l’infanterie des Russes rencontrai^..