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Berlin , faisant route, dans son mouvement rétrograde, avec la gardeimpériale, qui revenait en France pour y recevoir des fêtes magnifiques.Enfin les troupes qui avaient formé l’année d’observation sur les der-rières de Napoléon furent rapidement portées vers le littoral. LesItaliens, une partie des Bavarois , les Badois, les Hessois , les deuxbelles divisions françaises Boudet et Molitor, furent acheminées, avecle parc d’artillerie qui avait servi pour assiéger Danlzig, vers la Po-méranie suédoise. Napoléon accrut ce parc de tout ce que la belle saisonavait permis de réunir en bouches à feu ou en munitions, et le fitplacer vis-à-vis Stralsund, pour enlever ce pied-à-terre au roi de Suède ,dans le cas où ce prince, fidèle à son caractère, reprendrait, à lui seul,les hostilités lorsque tout le monde aurait posé les armes. Le maréchalBrune, qui avait été mis à la tète de l’armée d’oLservation , reçut lecommandement direct de ces troupes, s’élevant à un total de 58,000hommes, et pourvues d’un immense matériel. L’ingénieur Chasscloup,qui avait si habilement dirigé le siège de Danlzig, fut chargé de di-riger encore celui de Stralsund , si on était amené à l’entreprendre.
Le maréchal Bernadotte, prince de Ponte-Corvo, parti pour Ham-bourg où il était allé se remettre de sa blessure, eut le commandementdes troupes destinées à garder les villes hanséatiques et le Hanovre .Les Hollandais furent rapprochés de la Hollande, et portés sur l’Ems;les Espagnols occupèrent Hambourg . Ces derniers avaient franchi,les uns l’Italie, les autres la France, pour se rendre, à travers l’Alle-magne , sur les côtes de la mer du Nord. Ils formaient un corps de14,000 hommes, sous les ordres du marquis de la Romana. C’étaientde beaux soldats, au teint brun, aux membres secs, frissonnant defroid sur les plages tristes et glacées de l'Océan septentrional, présen-tant un singulier contraste avec nos alliés du Nord, et rappelant, parl’étrange diversité des peuples asservis au même joug, les temps de lagrandeur romaine. Suivis de beaucoup de femmes, d’enfants, de che-vaux, de mulets et d’ânes chargés de bagages, assez mal vêtus, maisdune manière originale, vifs, animés, bruyants, ne sachant que l’es-pagnol , vivant exclusivement entre eux, manœuvrant peu, et em-ployant une partie du jour à danser au son de la guitare avec lesfemmes qui les accompagnaient, ils attiraient la curiosité stupéfaitedes graves habitants de Hambourg , dont les journaux racontaient cesdétails à l’Europe étonnée de tant de scènes extraordinaires. Le corpsdu maréchal Mortier ayant été dissous, comme nous venons de le dire,
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