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rO.NTAiNEBLEAU.

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Napoléon, en élevant le prince Bcrlhicr à la dignité de vice-conné-tablc, ne voulut pourtant pas se priver de lui comme major général dela grande armée, fonction dans laquelle nul ne pouvait l’égaler, et illui conserva cet emploi. Mais il appela pour le remplacer au ministèrede la guerre le général Clarke, dont il venait d’éprouver les talentsadministratifs dans le poste de gouverneur de Berlin , talents plus spé-cieux que solides, mais qui, en se produisant sous la forme d’une do-cilité empressée et d’une grande application au travail, avaient séduitNapoléon . Cependant ce choix était assez motivé, car les militairespropres à la guerre active étaient tous employés, et, parmi ceux quiétaient mieux placés dans le cabinet que sur le champ de bataille, legénéral Clarke semblait celui qui avait le plus cet esprit d’ordre et cetteintelligence des détails que réclame l’administration. M. Dejean restaministre chargé du matériel de la guerre. Le général Hullin, dontNapoléon avait pu apprécier plus d'une fois le dévouement et le cou-rage personnel, remplaça dans le commandement de Paris le généralJunot , qui allait être mis à la tète de l’armée de Portugal.

La France venait de faire à cette époque une perte sensible dans lapersonne du ministre des cultes , M. le comte de Portalis , juriscon-sulte savant, écrivain ingénieux et brillant, coopérateur habile desdeux plus belles œuvr es de Napoléon , le Code civil et le Concordat,ayant su garder dans ses rapports avec le clergé une juste mesure entrela faiblesse et la rigue ur, estimé de l'Eglise française, exerçant sur elleet sur Napoléon une i nfluence utile ; personnage enfin fort regrettabledans un moment où l’on marchait à une rupture ouverte avec la courde Rome, aussi regrettable dans l’administration des cultes que M. JeTalleyrand dans la direction des aff; ires étrangères. Cet homme labo-rieux, frappé d’une sorte de cécité , avait eu l’art de suppléer au sensqui lui manquait par une mémoire prodigieuse, et il lui était arrivé,étant appelé à écrire sous la dictée de Napoléon , de reproduire par lamémoire ses pensées et leur vive expression, qu’il avait feint de re-cueillir par l’écriture. M. de Portalis était devenu cher à Napoléon ,qui le regretta vivement. Il eut pour successeur au ministère descultes un autre jurisconsulte, un autre auteur du Gode civil, M. Bigotde Préameneu , esprit peu brillant, mais sage, et religieux sans fai-blesse.

Il fallait dédommager M. Régnault de Saint-Jean-d’Angely d’avoirapproché du ministère de l’intérieur sans y parvenir. M. Régnault