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LIVitE XXVIII.

les livrait au prix de 5 fr. 73 c., prix auquel elle les avait reçues. Lebénéfice de 1 fr. 23 c., abandonné à ceux qui bravaient les difficultésde l’opération, n’était donc pas fait sur elle-mcme, mais sur l’Espagne ,qui payait ainsi par un énorme escompte l’éloignement des sources desa riebesse, et la faiblesse de son pavillon, obligé d’abandonner aupavillon anglais l’extraction des métaux de l’Amérique . Les maisonsBaring etllope, par des virements de valeurs, transmettaient ensuiteau Trésor français le montant des piastres cédées. On en avait négociéà ces conditions pour plus de 23 millions, dont une partie venait derentrer. Le surplus avait été employé à payer aux États-Unis , ou dansles colonies espagnoles, les dettes contractées par notre marine, etnotamment les dépenses faites pour les vaisseaux de l’amiral Wiliau-mez, qui avaient cherché réfuge, les uns dans le port de la Havane, lesautres dans le Delaware et dans la Chesapcak.

C’est à l’aide de ces diverses combinaisons qu’en août 1807 le Tré-sor français était parvenu à recouvrer 100 millions, sur les 141 com-posant l’énorme débet des négociants réunis. La rentrée des 41 millionsrestants était assurée, à 4 ou 5 millions près, et à des termes très-rapprocliés.

Le Trésor obéré dans l’hiver de 180G, bientôt soulagé par lessecours métalliques que Napoléon avait tirés de l’étranger, par le re-tour de la confiance, par le payement intégral de l’arriéré des budgets,par le recouvrement presque total du débit des négociants réunis,n’avait eu à pourvoir, en 1807, qu’à une petite partie de ce débet, etaux 124 millions d’obligations ordinairement recouvrables dans l’exer-cice suivant, ce qui était facile, comme nous lavons déjà dit, l’acquit-tement delà dépense étant presque autant retardé que celui de l’impôt.Aussi l’Empereur avait-il pu exiger et obtenir que la solde de lagrande armée, qui représentait 5 à 4 millions par mois, et dont ilavait dispensé le Trésor de faire le versement immédiat, s’accumulâtpeu à peu à Erfurt, à Mayence, à Paris , et y formât un dépôt en nu-méraire de plus de 40 millions, précaution excessive qui prouve com-bien était prudent à la guerre cet homme si imprudent dans la poli-tique *.

1 Les details que je rapporte ici peuvent paraître minutieux, mais ils me sem-blent indispensables pour faire connaître la marche de nos finances, l’habileté ad-ministrative de Napoléon et de scs agents, le temps singulier dans lequel ilsvivaient. Les détails, et surtout ceux qui vont suivre sur la création du nouveau