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LIVRE XXVIII.

5 pour cent, et une échéance déterminée. Au lieu de donner des obli-gations ou des bons à vue aux particuliers, elle leur remit de cesbillets sur elle-même, et elle en eut bientôt placé pour 18 millions,ce qui la mit en possession d’une égale somme en écus. Elle conclutencore un traité particulier avec le mont-de-piété , qui avait ordinai-rement besoin de 15 à 18 millions rïobligations , pour l’emploi de sesfonds. Au lieu de lui remettre des obligations , on lui remit des billetsde la caisse de service, en lui donnant la garantie d’un dépôt de18 millions d 'obligations conservées au Trésor dans un portefeuillespécial. De la sorte les obligations et bons à vue ne circulèrent plus ;les billets de la caisse de service les remplacèrent dans le public. Il yavait en juillet 1807 un an que cette caisse existait, et elle avait déjàreçu 45 millions des receveurs généraux (dont moitié pour leurcompte, moitié pour celui des capitalistes de province), 18 millionsdu public, 18 millions du mont-de-piété , c’est-à-dire une somme totalede 80 millions.

On comprend quelle facilité la création de la nouvelle caisse avaitdû apporter dans le service du Trésor, qui, soulagé de l’arriéré desbudgets par la création des 70 millions de inscriptions, remboursé dela plus grande partie du débet des négociants réunis, trouva en outre,dans cet emprunt flottant de 80 millions, des ressources qui le dis-pensèrent de recourir à l’escompte des obligations et bons à vue. Enréalité cet emprunt avait toujours existé, puisque toujours les capitauxavaient cherché un placement temporaire dans les bonnes valeurs duTrésor. Mais le Trésor n’en avait pas été l’intermédiaire. Des spécula-teurs, placés entre lui et le public, attiraient les capitaux à eux, et en-suite lui faisaient désirer, demander, souvent attendre, et payer à untaux exorbitant l’escompte des obligations et des bons à vue. Quelquo-fois même ces spéculateurs n’étaient autres que ses propres compta-bles, qui lui prêtaient les fonds de l’impôt, et non-seulement lerançonnaient sans pudeur, mais prenaient aussi de funestes habitudesd’agiotage. La caisse de service, étant devenue l’intermédiaire, setrouvait maîtresse de cet emprunt permanent, du taux auquel il secontractait ; s’affranchissait des comptables, qu’elle réduisit à n’êtreplus que les simples dépositaires des deniers publics, et ne leur laissaitdu rôle de banquiers que le soin de mouvoir les fonds du Trésor d’unpoint à un autre. L’abaissement, subit et extraordinaire des frais denégociation de 1806 à 1807 devint la preuve matérielle de tous ces