LIVRE XXVIII.
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et en expédiait la valeur sur les lieux, où souvent se trouvaient déjàdans la caisse du receveur général des fonds en abondance. De soncôté, le receveur général, intéressé à se debarrasser de fonds inutiles,cherchait à les diriger sur Paris ou sur d’aulres points, et chargeait demétaux les voilures publiques, tandis que, si le compte courant eûtexisté, de simples écritures auraient sulïi, et eussent dispensé leTrésor d’envoyer du numéraire dans les départements, et les départe-ments d’en envoyer à Paris .
M. Mollienne s’était pas borné à la création d’une caisse de serviceau centre de l’Empire, il en avait institué une semblable dans les dé-partements situés au delà des Alpes . Là, plus encore que dans l’an-cienne France , se rencontrait la fâcheuse contradiction de fondsstagnants chez les comptables avec des besoins pressants auxquels ilfallait pourvoir par des envois de numéraire. Pour faire cesser ce graveinconvénient, M. Mollien établit, non pas à Turin, mais à Alexandrie ,dans l’enceinte de la grande forteresse construite par Napoléon, unecaisse de virements, à laquelle tous les comptables de la Ligurie , duPiémont et de l’Italie française , devaient verser leurs fonds, et qui àson tour les dirigeait vers les lieux où existaient des besoins, à Milan surtout, où il y avait à payer l’armée française . Cette caisse, placéesous la direction d’un agent habile, M. Dauchy, avait bientôt produitles mêmes avantages que celle qu’on avait instituée à Paris , c’est-à-dire rendu le service facile, les ressources abondantes, les envois denuméraire inutiles ; et c’était la peine, en vérité, d’apporter un telordre dans cette partie des finances de l’Empire, car l’Italie française (nous entendons par ce nom celle qui était convertie en départements,et non celle qui était constituée, sous le prince Eugène, en Etat alliémais indépendant), l'Italie française rapportait à cette époque jusqu’à40 millions, dont 18 millions étaient consacrés à payer l’administra-tion locale, la justice, la police, les routes ; et 22 millions restaient,soit pour la construction des places fortes, soit pour contribuer à l’en-tretien des 120,000 hommes qui fermaient aux Autrichiens les roulesde la Lombardie .
Napoléon avait suivi attentivement, tandis qu’il faisait la guerre auNord, la marche et les progrès de ces nouvelles créations financières ;et à sou retour, le jour même où les ministres étaient venus saluer enlui l’heureux vainqueur du continent, il avait félicité M. Mollien avecune sorte d’effusion. Ne voulant jamais faire le bien à demi, il se pro-