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LIVRE XXVIII.
ment, et lui adressa après l’avoir vu les paroles les plus flatteuses.
Telles étaient les occupations de Napoléon après son retour deTilsit ; tel est aussi le spectacle cpie la France présentait sous sonrègne, soit par l’effet des circonstances, soit par l'influence person-nelle qu’il exerçait sur elle. La plupart des résolutions qu’il venait deprendre ne pouvaient se passer du concours du pouvoir législatif. Il yavait plus d’une année qu’il ne l’avait assemblé, et il était impatientde le réunir, autant pour lui présenter les lois de finances, le Code decommerce, les lois relatives aux travaux publics, que pour faire devantles corps de l’État une manifestation européenne. Il avait résolu d’ou-vrir la session du Corps législatif le 1 fî août, lendemain du 15, destiné;i célébrer la Saint-Napoléon. Le I o fut pour Paris , et pour toute laFrance , un véritable jour de fête. Ou était tout plein encore de la joioque la paix avait causée ; car, signée à Tilsit le 8 juillet, comme àParis le lo, il y avait un mois à peine qu’on en jouissait. A cette joiede la paix continentale se joignait l’espérance de la paix maritime.La présence de Napoléon à Paris avait déjà exercé son influenceordinaire. Un mouvement nouveau se communiquait partout. L’ar-gent abondait. Les riches que Napoléon venait de faire, construisaientdes hôtels élégants, et commandaient pour les orner des ameuble-ments somptueux. Leurs femmes répandaient, l’or à pleines mainschez les marchands de luxe. On annonçait un long séjour à Fontaine-bleau, où toute la haute société do Paris serait conviée, et où l’ondonnerait les fêtes dont l’hiver avait été privé. Enfin la gloire na-tionale, qui louchait vivement les cœurs, contribuait aussi à toutes cesjoies, en les relevant. La soirée du 15 août fut éblouissante commeune belle journée. La population entière de Paris était le soir sousles fenêtres du palais, ivre d’enthousiasme et demandant à voir lesouverain glorieux qui avait versé tant de biens, réels ou apparents,sur la France , et qui l’avait surtout rendue si grande. Il faut recon-naître, pour l'honneur de la nature humaine, que ce qui l’attire le plusc'est la gloire. Napoléon n’eùt pas été empereur et roi, qu’on auraitvoulu voir dans sa personne le plus grand homme des temps modernes.11 parut plusieurs fois, tenant l’impératrice par la main, à peine dis-cerné au milieu d’un groupe brillant, mais salué et applaudi comme.s'il avait été aperçu distinctement. Il voulut lui-même être témoin deplus près, de cet enthousiasme populaire, et sortit déguisé avec son fidèleDuroc pour se promener dans le jardin des Tuileries . A la faveur de la