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LIVRE XXVIII.

ges qui avaient figure à Tilsit, fut appelé au ministère de la guerre,l’amiral Tchifchakoff à la marine. M. de Nowosiltzoff reçut l’invitationde voyager. Le prince Czartoryski, ami trop particulier du souverainpour qu’à son egard l'amitié ne fit pas oublier la politique, vit redou-bler le silence affecté que l’empereur gardait avec lui relativement auxaffaires de l’empire. Enfin, on fit choix pour l'ambassade de Paris dupersonnage qui semblait le plus propre à y réussir. Alexandre auraitvoulu y envoyer, comme nous venons de le dire, M. de Romanzofflui-mème, mais il aimait mieux le retenir auprès de sa personne. Ilavait, comme grand maréchal du palais, un seigneur russe qui lui étaitdévoué; c’était M. de Tolsloy, et ce seigneur avait pour frère le géné-ral de Tolsloy, militaire distingué par l’esprit et par les services.Alexandre pensa que ce dernier, par sa fidélité à son mailrc, ne cher-cherait pas à se rendre désagréable en France , comme M. de Mar-koff avait pris à tâche de le faire; que, par ambition, il serait charméd’attacher son nom à une politique d’agrandissement, et que, par état,il saurait se plaire auprès d'une cour militaire, lui plaire à son tour,et la suivre partout dans ses mouvements rapides. On se réserva dureste de sonder Napoléon à ce sujet, et de lui soumettre le choix dugénéral comte de Tolsloy, avant de le nommer definitivement.

Le général Savary n’avait pas cessé d’èlrc, à Saint-Pétersbourg , en-touré des soins d’Alexandre et de la froide politesse de la haute so-ciété russe. Bien qu’il ne sût pas d’abord tout ce qu’on s’était dit àTilsit, et qu’il ne l’cùt appris que par une communication posté-rieure de Napoléon, qui avait voulu l’informer pour prévenir de sa partdes fautes d’ignorance, il avait promptement deviné le secret des cœurs,et aperçu que la Russie ferait tout ce qu’on voudrait, moyennant l’a-bandon d’une ou deux provinces, non pas au Nord, mais à l’Orient.Sans engager Napoléon plus qu’il ne fallait, sans sortir de son rôle, ilavait cherché à se rendre agréable à Saint-Pétersbourg , et il y avaitréussi en flattant avec prudence les passions du souverain. Aussi, àpeine les événements de Copenhague étaient-ils connus, à peine lesvives explications avec lordGower avaient-elles eu lieu, qu’Alexandreet M. de Romanzoff appelèrent le général Savary, et, avec le langagequi convenait à chacun d’eux, lui firent part des résolutions du cabinetrusse. » Vous le savez , dit Alexandre au général dans plusieurs en-tretiens fort longs, nos efforts pour la paix aboutissent à la guerre. Jem’y attendais; mais, je l’avoue, je ne m’attendais ni à l’expédition de