LIVRE XXIX.
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«lier besoin. Il prescrivit au maréchal Moncey d’occuper avec le corpsdes côtes de l’Océan les positions laissées vacantes par le général Du-pont, et de porter l’une de ses divisions vers Vittoria. Ces mouve-vements ne pouvaient pas sensiblement augmenter les ombrages de lacour d’Espagne, puisqu’ils avaient lieu sur la route de Lisbonne . Pourles rendre plus naturels encore, Napoléon fil adresser par M. deBeauharnais au ministère espagnol les avis les plus alarmants sur uneagglomération de forces anglaises à Gibraltar : agglomération très-réelle d’ailleurs, et nullement supposée; car on venait d’apprendreque le gouvernement britannique faisait évacuer la Sicile presqueentièrement, et se disposait à envoyer en Portugal les troupes reve-nues de Copenhague. Il pressa vivement le cabinet espagnol de pour-voir à la garde de Ceuta, de Cadix , du camp de Saint-Rooh, desBaléares , et, tout en lui donnant des avis utiles, il ajouta ainsi à lavraisemblance des prétextes allégués pour l’inlroduclion de nouvellestroupes françaises en Espagne .
Napoléon avait liàte d’expédier les affaires d’Italie pour revenir àParis , d’où il pourrait veiller de plus prés à l’objet de ses constantespréoccupations. Néanmoins il était une question qu’il aurait été plusen mesure de résoudre à Paris qu’à Milan , parce qu’il y aurait été en-touré de plus de lumières, et sur laquelle cependant il ne voulut pasremettre sa décision d’un seul jour. Cette question était relative auxdernières ordonnances du conseil, rendues le 11 novembre par legouvernement britannique, sur la navigation des neutres. Par cesordonnances, l’Angleterre venait de s’engager davantage encore dansle système de la violence, et. Napoléon , comme on le pense bien,n’entendait pas rester en arrière. A un coup fort rude, il avait à cœurde répondre immédiatement par un coup plus rude encore. On connaîtles pas déjà faits dans cette voie funeste. A la prétention de saisir lapropriété ennemie jusque sous le pavillon neutre, et d’appliquer ledroit de blocus à de vastes étendues de côtes qu’il était matérielle-ment impossible de bloquer, Napoléon avait répondu d’abord par l’in-terdiction au commerce anglais de toutes les côtes de l’Empire et despays soumis à son influence ; puis, son irritation croissant en propor-tion des violences de l’amirauté, il avait, par les fameux décrets deBerlin, déclaré les îles Britanniques eu état de blocus, défendu le com-merce des marchandises anglaises dans tous les lieux où il dominait,ordonné partout leur saisie et leur confiscation, et annoncé que tout