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ARANJUEZ .

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l’Espagne un seul jour; el il nous exposait, pour quelques cessionsterritoriales impossibles à conserver, à l’éternelle haine des Espagnols .

Le troisième projet, celui vers lequel Napoléon paraissait entraînéd’une manière irrésistible, consistait à détrôner les Bourbons, à rap-procher définitivement par l’établissement d’une même dynastie laFrance et l’Espagne , à régénérer celle-ci pour la rendre utile, soit helle-même, soit à la cause commune, à ne lui rien ôter, à lui toutdonner au contraire: Portugal , renversement du favori, réformes in-térieures; à renouveler, eu un mot, la politique de Louis XIV , quin’avait rien de trop grand pour un homme qui avait dépassé toutegrandeur connue. Celle politique de Louis XIV , outre quelle n’avaitrien de trop grand pour Napoléon, était, il faut le reconnaître, la po-litique naturelle de la France . Réunir dans un même esprit, dans unmême intérêt, to^t l’Occident, c’est-à-dire la France el les deux pé-ninsules italienne et espagnole ; opposer leur puissance continentaleà la coalition des cours du Nord, leur puissance maritime aux préten-tions de l’Angleterre, était assurément la vraie, la légitime ambitionqu’il aurait fallu souhaiter à Napoléon, celle qui eût été justifiée parles règles de la saine politique, u’eût-elle pas réussi. Mais la punitiondu prodigue qui a fait de folles dépenses, c’est de ne pouvoir pluslaire les dépenses nécessaires. Napoléon, pour avoir entrepris au Nordune lâche immense, exorbitante, hors des véritables intérêts de laFrance, comme de constituer une Allemagne française au grand dé-plaisir des peuples allemands , comme d’entreprendre la restaurationde la Pologne malgré l’Autriche et la Prusse, allait manquer des forcesqu’eût exigées l’exécution des desseins les plus profondément politi-ques. Il était obligé, en effet, dans le moment même, de garder500,000 hommes entre l’Oder et la Vistule , pour s’assurer la soumis-sion de l’Allemagne et l’alliance de la Russie , 120,000 hommes enItalie pour ôter à l’Autriche toute idée de repasser les Alpes . S’illui fallait encore 100,000 ou 200,000 hommes pour contenir l’Es-pagne, pour en rejeter les Anglais , qui allaient trouver là un pied-à-terre commode et sur, car ils n’avaient pour y arriver que le golfe seulde Gascogne à franchir; s’il lui fallait ces diverses armées en Alle-magne, en Italie, en Espagne , c’était une masse de 800,000 ou900,000 hommes qui devenait nécessaire, et il devait en résulter uneextension de soins, d’efforts, de commandement, à laquelle la France et son génie même finiraient par ne pouvoir suffire.