LIVRE XXIX.
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Ne gardant plus de ménagements, Napoléon, comme nous l’avonsdit, fit occuper militairement par le général Lemarois les provincesd'Urbin, d’Ancône, de Macerata, qui forment le rivage de l’Adria-tique; et alors le Saint-Siège , Pape et cardinaux, craignant que cesprovinces ne finissent par subir le sort des Légations, songèrent un mo-ment à composer, et on en vint à un accommodement, dont les con-ditions étaient les suivantes :
Le Pape , souverain indépendant de ses États, proclamé tel, garantitel par la France , contracterait cependant une alliance avec elle, et,toutes les fois qu’elle serait en guerre, exclurait ses ennemis du terri-toire des Étals romains.
Les troupes françaises occuperaient Ancône, Civita-Vecchia , Ostic,mais seraient entretenues aux frais du gouvernement français .
Le Pape s’engagerait à creuser et à mettre en état le port envaséd’Ancône .
Il reconnaîtrait le roi Joseph, renverrait le consul du roi Ferdinand,les assassins des Français , les cardinaux napolitains ayant refusé leserment, et renoncerait à son ancien droit d’investiture sur la couronnede Naples .
11 consentirait à étendre le concordat d’Italie à toutes les provincescomposant le royaume d'Italie, et le concordat de France à toutes lesprovinces d’Italie converties en provinces françaises .
Il nommerait sans délai les évêques français et italiens, et n’exige-rait pas de ces derniers le voyage à Rome .
Il désignerait des plénipotentiaires chargés de conclure un concordatgermanique.
Enfin, pour rassurer Napoléon sur l’esprit du sacré collège, et pourproportionner l’influence de la France à l’extension de son territoire,il porterait à un tiers du nombre total des cardinaux le nombre descardinaux français .
Cet arrangement était près de se terminer, lorsque le Pape, poussépar des suggestions malheureuses, et surtout blessé par deux clauses,celle qui obligeait le Saint-Siège à fermer son territoire aux ennemisde la France, et celle qui augmentait le nombre des cardinaux français ,clauses dont la première était inévitable dans la situation géographiquedes États romains, et la seconde propre à tout pacifier dans l’avenir,le Pape refusa péremptoirement de donner son adhédon.
Alors, sans plus entendre une seule observation, sans même écouter