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vieux jours avaient besoin, et la vengeance dont leur cœur ulcéré étaitavide. On pouvait leur laisser quelque temps le sceptre, et se le'fairecéder ensuite au prix d’une retraite opulente et douce, ou bien le leurenlever à l’instant même, en profitant de la peur que leur causait unerévolution naissante, et. de l’aversion que ressentait pour eux un peupledégoûté de leurs vices.
C’est ainsi qu’entraîné dans cette voie de conquête d’un trôneéiranger, sans y employer la guerre, moyen légitime quand on ne l’apas provoquée, Napoléon, d’astuce en astuce, devenait à chaque instantplus coupable. Les uns ont tout jeté sur ce qu’ils appellent sa perfidienaturelle, les autres sur l’imprudence de Murat, qui l’avait engagémalgré lui. La vérité est telle que nous la présentons ici. L’un etl’autre, inspirés par l’ambition et conduits par les circonstances, con-coururent scion leur position à cette œuvre ténébreuse, et, quant auprojet de ne pas reconnaître le tils, et de se servir du père irrité contrele fils rebelle, il naquit en même temps à Madrid et à Paris , dans latète de Murat et de Napoléon, de la vue des événements eux-mêmes.Cela devait être; car la situation, une lois qu’on s’y était placé, necomportait pas une autre manière d’agir *.
Sur-le-cliamp Napoléon lit appeler auprès de lui le général Savary,employé déjà dans les missions les plus redoutables, et qui dans lemoment revenait de Saint-Pétersbourg , où il avait, comme on l’a vu,fait preuve de souplesse autant que d’aplomb. Napoléon lui révélatoutes ses pensées à l’égard de l’Espagne , son désir de la régénérer etde la rattacher à la France en changeant sa dynastie, les embarras quirésultaient de cette entreprise, alternativement contrariée ou secondéepar les événements, la phase nouvelle qu’elle présentait depuis la révo-lution d’Araujuez, la possibilité enfin de la conduire à la fin désirée,en se servant de Charles IV contre Ferdinand VII . Napoléon exprimaau général Savary l’intention de ne pas reconnaître le fils, d’affecterpour l’autorité du père un respect religieux, de maintenir cette auto-rité le temps nécessaire pour s’emparer de la couronne, en se la faisanttransmettre tout de suite ou plus tard, selon les circonstances; detirer Ferdinand VII de Madrid pour l’amener à Burgos ou à Bayonne ,afin de s’assurer de sa personne, et d’en obtenir la cession de ses droits
' Ce que j’avanceici est prouvé par tes lettres de Murat et de Napoléon, parleurcontenu et par leur date.