Band 
[7. - 8.]
Seite
385
JPEG-Download
 

BVYONKE.

000

faire partir de Madrid tous les princes espagnols qui s’y trouvaient en-core : le plus jeune des infants, don Francisco de Paula ; l’oncle deFerdinand, don Antonio, président de la junte, et la reine d’Étrurie ,qu’une indisposition avait empêchée de suivre ses parents. Après avoirpris ces mesures, il se disposait à mettre un terme aux scènes deBayonne par une solution qu’il imposerait lui-même, lorsque les évé-nements de Madrid vinrent rendre facile le dénoùment qu’il désirait,en le dispensant d’y employer la force.

Tandis que Napoléon correspondait avec Madrid, Ferdinand VII ,de son côté, ne négligeait rien pour y faire parvenir des nouvelles quiexcitassent l’intérêt de la nation en sa faveur, qui pussent surlout cor-riger le mauvais effet qu’avait produit son inepte conduite. Il n’igno-rait. pas que les Espagnols avaient pris autant de pitié, presque dedégoût pour sa personne que pour celle de son vieux père, en le voyantdonner dans le piège tendu par Napoléon. Il avait donc, par descourriers qui partaient déguisés de Bayonne , et traversaient les mon-tagnes de F Aragon pour gagner Madrid , fait répandre les nouvellesqu’il croyait les plus propres à lui ramener l’opinion publique. Il avaitfait savoir qu’on voulait le violenter à Bayonne pour lui arracher lesacrifice de ses droits, mais qu’il résistait et résisterait il toutes lesmenaces, et que ses peuples apprendraient plutôt sa mort que sa sou-mission aux volontés de l’étranger. Il se peignait comme la plus noble,la plus intéressante des victimes, et de manière à exalter pour lui tousles cœurs généreux. Ces courriers, voulant éviter les routes directes,couvertes de troupes françaises, perdaient un jour ou deux pour arri-ver à Madrid , mais y arrivaient sûrement, et les nouvelles qu’ils por-taient, propagées rapidement, avaient ramené à Ferdinand VII l’opi-nion un moment aliénée. Le bruit universellement accrédité queFerdinand Vil était à Bayonne l’objet de violences brutales, et qu’il yopposait une résistance héroïque, avait ranimé eu sa faveur la populacede la capitale, laquelle s’était accrue, comme nous l’avons dit, despaysans oisifs des environs. Ne pouvant pas recourir aux imprimeries,soigneusement surveillées par les agents de Murat, on se servait debulletins écrits à la main, et ces bulletins reproduits avec profusion,circulant avec une incroyable rapidité, excitaient au plus haut pointles passions du peuple. Quant à la junte de gouvernement, elle dissi-mulait profondément scs sentiments secrets, affectait une grande dé-férence pour les désirs de Murat; mais, dévouée comme de juste à