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BAYONNE .

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toutefois de provoquer une collision. A côté de la junte, une réunionde patriotes, mécontents de ce qu’ils appelaient sa faiblesse, voulaientqu'on empêchât le départ des infants par tous les moyens possibles,et souillaient leurs passions au peuple, qui n’avait du reste pas besoind’être excité. Le l' r mai, qui était un dimanche, attira dans la villebeaucoup de gens de la campagne, et I on vit des figures agrestes eténergiques se mêler aux groupes nombreux qui stationnaient sur lesdifférentes places de Madrid . A la Puerta del Sol, graude place situéeau centre de Madrid , cl où viennent aboutir les principales rues decette capitale, telles que les rues Mayor, d'AIcnla , de Montera , de lasCarrelas, il y avait une foule épaisse et menaçante. Murat y envoyaquelques centaines de dragons, qui par leur aspect dissipèrent la mul-titude et l'obligèrent à se tenir tranquille.

Murat, auquel la junte avait communiqué son refus fort adouci, ré-pondit qu'il n’en tiendrait compte, et que le lendemain lundi, 2 mai,il ferait partir la reine d’Étrurie et t intant don Francisco, déclarationa laquelle ou n’opposa pas de réplique. Le lendemain en elfet, dès huitheures du malin, les voilures de la cour avaient été amenées devant lepalais pour y recevoir les personnes royales. La reine d’Etrurie se prê-tait très-volontiers à ce départ. L’infant don Francisco, du moins à cequ’on disait aux portes du palais, versait des larmes. Ces détails, ré-pandus de bouche en bouche dans les rangs de la multitude qui étaitnombreuse, y avaient produit une vive agitation. Tout à coup survintun aide de camp de Murat, que celui-ci envoyait pour complimenterla reine au moment de son départ. A l’aspect de l’uniforme français,le peuple poussa des cris, lança des pierres à l’aide de camp du prince,et se préparait à l’égorger, lorsqu’une douzaine de grenadiers de lagarde impériale, qui étaient de service au palais occupé par Murat, etd’où on pouvait apercevoir ce tumulte, se jetèrent baïonnette en avantau plus épais de la foule, et dégagèrent l'aide de camp qu’on était surle point de massacrer. Quelques coups de fusil partis au milieu de ceconflit furent le signal d’un soulèvement universel. De toutes parts lafusillade commença à se faire entendre. Une populace furieuse, com-posée surtout de paysans venus des environs, se précipita sur les offi-ciers français, dispersés dans les maisons de Madrid malgré les recom-mandations de Napoléon , et sur les soldats détachés qui allaient parescouades recevoir des distributions de vivres. Plusieurs furent égorgésavec une horrible férocité. Quelques autres durent la vie à l’humanitéde la bourgeoisie, qui les cacha dans ses maisons.