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BAÏOKNE. 51)5

2* Conservation de la religion catholique comme culte dominant, àl’exclusion de toute autre ;

o° Abandon à Charles IV du château et de la foret de Compiègnepour sa vie, et du château de Chambord à perpétuité, plus une listecivile de 50,000,000 de réaux (7,500,000 francs) payés par le trésorde France ;

4° Traitement proportionné à tous les princes de la famille royale.

Ferdinand VII était rentré chez lui, éclairé enfin sur sa situation etsur la ferme volonté de Napoléon, non pas de l’intimider seulement,mais de le détrôner. Ses conseillers étaient détrompés aussi. Parmieux, un seul, le chanoine Escoïquiz , quoiqu’il ne fût pas le moinshonnête, donna pourtant à son jeune maître un conseil peu digne :c’était d’accepter la couronne d’Elrurie, pour que Ferdinand restât roiquelque part, et lui, Escoïquiz , directeur de quelque roi que ce fût.Les autres, avec plus de raison, pensèrent que ce serait déclarer àl’Espagne qu’il n’y avait plus à s’occuper de Ferdinand, puisqu’il accep-tait une couronne étrangère en dédommagement de celle qui lui étaitarrachée. No lien accepter qu’une pension alimentaire leur semblaitindiquer à l'Espagne qu’il avait été violenté, qu'il protestait contre laviolence, qu’enfin il pensait toujours à l’Espagne , que par conséquentelle devait toujours penser à lui.

Ferdinand VU signa donc à sou tour un traité par lequel Napoléonlui assurait le château de Navarre en toute propriété, 1,000,000 derevenu, plus 400,000 francs pour chacun des infants, moyennant leurrenonciation commune à la couronne d’Espagne .

Deux châteaux, et 10,000,000 par an, étaient le prix auquel de-vait être payée, tant au père qu’aux enfants, la magnifique couronned’Espagne , prix bien modique, bien vulgaire, mais auquel il fallaitajouter un terrible complément, alors inaperçu : six ans d une guerreabominable, la mort de plusieurs centaines de mille soldats, la divisionfuneste des forces de l’Empire, et une tache à la gloire du conquérant !Napoléon, à qui l’aveuglement de la puissance dérobait les consé-quences de ce funeste marché, se hâta d’en exécuter les conditions. Lesuccès lui rendant sa générosité naturelle, il donna des ordres pourtraiter avec tous les égards possibles la famille qui venait de tombersous les coups de sa politique, comme tant d’autres tombaient sous lescoups de son épée. Il chargea le prince Cambacérès du soin de rece-voir les vieux souverains, et, en attendant qu’on eût, achevé à Com-