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LIVRE XXX.
à ce que la rade de Boulogne pouvait facilement contenir, était encoreassez considérable pour transporter 80,000 hommes en deux ou troistraversées. Au Texel, le roi Louis avait huit vaisseaux tout prêts, etdes détachements de troupes hollandaises.
Napoléon avait ainsi quarante-deux vaisseaux français déjà armés etéquipés, plus vingt espagnols déjà armés ou près de l’ètre, dix hollan-dais, onze russes dans les ports de France, douze russes dans l’Adria-tique, plus un ou deux appartenant au Danemark . Il se flattait d’avoirconstruit encore trente-cinq vaisseaux à la tin de l’année, dont douze àFlessingue, un à Brest, cinq à Lorient, cinq à Rochcfort, un à Bor-deaux, un à Lisbonne, quatre à Toulon , un à Gènes, un à la Spezzia,trois ou quatre à Venise . Ces trente-cinq vaisseaux étaient construitsaux deux tiers. Toutes ces constructions terminées, il devait posséderainsi cent trente et un vaissi aux de ligne, et son projet était de placer7,000 hommes au Texel, 25,000 à Anvers , 80,000 à Boulogne,50,000 à Brest, 10,000 entre Lorient et Rochefort, 0,000 Espagnolsau Ferrol, 20,000 Français autour de Lisbonne , 50,000 autour deCadix, 20,000 autour de Carlhagène, 25,000 à Toulon , 15,000 àReggio , 15,000 à Tarente. Avec cent trente et un vaisseaux de ligneet 500,000 hommes environ, toujours prêts à s’embarquer sur unpoint on sur un autre, on devait causer aux Anglais une continuelleépouvante.
En attendant que ce grand développement de forces lut achevé, Na-poléon calculait que les Anglais devraient avoir dix vaisseaux dans laBaltique pour veiller sur les Russes et les opérations de la Finlande ,huit pour observer les flottes préparées au Texel et aux bouches de laMeuse, vingt-quatre pour opposer aux huit ou dix de Flessingue , auxsept de Brest, aux quatre de Lorient , aux trois de Rochefort; quatrepour opposer à l’expédition du Ferrol, douze à l’armement de Lis-bonne, vingt à l'armement de Cadix , vingt-deux ou vingt-quatre àl’armement de Toulon , ce qui exigeait un total de cent deux vaisseaux,sans compter les forces nécessaires en Amérique , dans les Indes, etdans toutes les mers du globe. C’était un effort ruineux pour la Grande-Bretagne, si on la condamnait à le continuer pendant deux ou troisannées.
Napoléon cependant ne voulait pas se borner à une simple menace,quelque inquiétante et coûteuse qu’elle pût être pour la Grande-Bre-tagne, et il entendait tirer de ces immenses préparatifs deux résultats