LA GUERRE AUX GALLAS.
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milieu d’un concert de cris féroces. Je m’approchaid’un des arbres les plus entourés ; trois Gallas, medit-on, s’y étaient blottis et servaient de point de mireaux tirailleurs. L’arbre était si élevé et ses branchessi touffues qu’il me fallut quelque temps avant depouvoir distinguer les malheureux qui s’y étaient ré-fugiés. Je voulus les sauver : je leur criai qu’ils pou-vaient descendre sans crainte, que j’étais le chef,que je leur rendrais la liberté : rien ne put les con-vaincre; ils demeuraient impassibles, cramponnésaux plus hautes branches , sans faire un mouvement,sans prononcer une parole. Je voulus monter surl’arbre, espérant que , de près, je réussirais mieux àleur inspirer de la confiance. Mais, au moment oùj’embrassais l’arbre, un coup de fusil partit, et unde ces malheureux tomba roide mort à mes pieds.Tous les soldats se précipitèrent sur le cadavre pourle mutiler : une lutte s’engagea sur le corps mort ;tous se disputaient à coups de sabre le trophée, je fusmoi-même obligé de tirer mon sabre pour me fairejour à travers cette meute furieuse.
J’allai rejoindre Sahlé-Sallassi, qui hâtait telle-ment son retour, qu’il voulut se mettre en marchemalgré une pluie affreuse. M. Lefebvre et moi nousle laissâmes partir, et nous cherchâmes un abri dansune chaumière de Gallas, que ses habitants avaient