LA GUERRE AUX GALLAS.
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rassura : on n’avait fait, conformément à un usageabyssin , que lui donner une garde. Mais nous fûmesbientôt témoins d’une douleur plus fondée que celledu petit Galla. Nous arrivâmes, en effet, sur les bordsde l’Aouache, dans un endroit nommé Hadâdi, situéà 4 lieues plus bas que le point où nous l’avions tra-versé en venant. Hadâdi est sur le chemin le plusfréquenté qui mène du Choa aux pays d’Abakanan etde Gouragué ; le fleuve y serpente entre deux coteauxplutoniques. Arrivés sur l’Aouache, les femmes et lesenfants, que les soldats avaient faits prisonniers pourles vendre comme esclaves, perdirent la dernièreespérance qu’ils avaient pu conserver d’être rendusà la liberté. Le fleuve avait été jusqu’alors la limitequi séparait le territoire des Gallas indépendants desÉtats du roi de Choa . Les malheureux captifs pous-saient des cris déchirants en se voyant amener sur leterritoire de leurs vainqueurs où ils n’attendaientplus maintenant que le sort des esclaves.
Nous fîmes halte pour la nuit sur la rive gauche del’Aouache. Le lendemain, par une des plus bellesmatinées que nous eussions eues depuis le commen-cement de la campagne, je quittai le campementavec M. Lefebvre. Cette belle nature, qui s’épanouis-sait sous un ciel pur et un soleil éclatant, effaçait deson divin sourire les ennuis et la fatigue que nous