222 MOEURS.— GOUVERNEMENT.— RELIGION.
entraîne d’étranges conséquences : ainsi, lorsqu’unaboune est mort, ils sont obligés de payer une con-tribution au patriarche du Caire pour lui obtenir unsuccesseur. Ordinairement cette redevance ne dé-passe pas 5,000 talari ou 25,000 francs; mais cettesomme est très-considérable pour l’Abyssinie, oùl’argent est très-rare et a une grande valeur. Unaboune est donc une sorte de trésor que les Abyssinscraignent à chaque instant de perdre ; dans cette ap-préhension , ils le surveillent très - étroitement et letiennent à peu près prisonnier : puis ils ont toujourssoin, lorsqu’un nouvel aboune leur est nécessaire,de se le procurer le plus jeune possible. L’abouneactuel, qui a été élevé au Caire par un missionnaireanglais , M. Leeder, a été élevé aux hautes fonctionsqu’il occupe à l’âge de vingt-deux ans. L’autorité del’aboune s’étendait autrefois sur toute l’Abyssinie;mais les événements, les perturbations politiques quiont divisé les grandes provinces du nouvel empired’Éthiopie ont affaibli l’influence du pontife sur lespopulations éloignées de sa résidence habituelle. Onpeut considérer le Choa comme étant entièrementsoustrait à cette influence. C’est le roi Sahié-Sallassi,et non plus l’aboune, qui y confère les dignités ec-clésiastiques. Dans le nord même de l’Abyssinie, oùdemeure l’aboune, les intérêts politiques l’empor-