224 MOEURS.—GOUVERNEMENT.—RELIGION.
on décide s’ils choisiront entre le célibat et le ma-riage. Ceux qui doivent se marier peuvent se consa-crer ou non au sacerdoce, les autres se font moines.Ceux-ci font vœu de n’avoir jamais le moindre rap-port avec l’autre sexe, de ne jamais jeter les yeuxsur une femme, de n’en écouter jamais la voix,de ne jamais rien manger, pas même du pain,qui ait été préparé par une femme. Un moine quiviolerait ce vœu encourrait une peine de vingt an-nées d’excommunication. Les prêtres ne peuvent semarier qu’une fois ; si leur femme meurt, ils sontcondamnés au célibat. Un laïque qui aurait perduquatre femmes ne pourrait pas se marier une cin-quième fois. C’est d’ailleurs une formalité peu graveque l’ordination d’un prêtre : l’aboune demande aupostulant s’il est en état de lire les Écritures etquelques-uns des livres théologiques de l’Abyssinie;puis il souffle sur lui, lui donne sa bénédiction etlui communique par là le caractère sacerdotal. Leprêtre ordonné paye à l’aboune une redevance dedeux pièces de sel ( le sel est la monnaie couranteen Abyssinie ), ce qui équivaut, dans le Choa , àenviron 50 centimes. L’aboune ordonne ainsi, dansune seule journée, des centaines de prêtres.
La religion enseignée par les prêtres du Choa pré-sente, sur un fonds de christianisme, des empreintes