MOEURS. — GOUVERNEMENT. — RELIGION. 253
inspire la préoccupation de leurs intérêts. Les sen-tences du roi sont toujours promptes, précises ettrès-justes. Le calme, l’impassibilité avec laquelleil écoute les débats les plus violents, la sagacité etl’exactitude avec lesquelles il les résout révèlent desqualités de caractère et d’intelligence peu communes,et rappellent involontairement le souvenir demeurépopulaire de ces rois du moyen âge qui rendaientaussi publiquement la justice.
De tous côtés, dans le Choa , que l’on prenne lareligion, le gouvernement ou les mœurs, on estdonc ramené devant le roi, vers le negueuste. Onpourrait répéter ici le mot de Louis XIY et dire quele Choa c’est le roi. C’est à l’habileté de Sahlé-Sallassi,c’est à l’ascendant qu’il a su conquérir sur les popu-lations qu’il gouverne que le Choa doit son impor-tance actuelle; de même les destinées futures de cepays sont attachées à la durée, au développement,à la direction de cette puissance unique et forte. Ildépendra du roi de Choa et de ses successeurs de met-tre en communication avec le commerce et la civi-lisation de l’Europe un peuple qui compte déjà plusde deux millions d’âmes, un peuple qui a gardé lui-même de nombreux et ineffaçables vestiges de sesanciens rapports avec la civilisation occidentale, quiest industrieux au delà même des exigences de ses