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US RETOUR.
me dit que deux hommes de la kabyle Adali, ceuxmêmes qui Ont assassiné pendant la nuit trois soldatsde l’expédition anglaise, viennent d’arriver dans lacaravane, sans doute pour me faire éprouver le mêmesort qu’aux Anglais . Ces assassins, deux parents quihabitent la montagne Iouba dans le voisinage deToujourra, se nomment Homet-Soboreyto et Maha-met-Soboreyto. Je prie mon Bédouin de m’indiqueroù il les a vus; il me dit qu’ils sont à l’avant-gardede la caravane; je marche dans cette direction, monfusil monstre sur l’épaule, et je vois les deux Sobo-reyto assis sur un quartier dë roche, la lance entre lesjambes, le visage immobile et causant de l’air dumonde le plus pacifique. Je passe devant eux, et faiscent pas en avant pour voir s’ils manifesteront l’in-tention de m’attaquer : ils demeurent immobiles etn’ont pas plus l’air de prendre garde à moi que si jen’existais pas. Je reviens; je repasse devant eux :même immobilité, même indifférence, même flegme.Leur insensibilité apparente ne me rassure pas; jem’approche encore et viens me camper devant euxen frappant le roc à leurs pieds de la crosse de monfusil ; puis interpellant celui dont le nom me vient lepremier à la pensée : Mahamet-Soboreyto ! m’écriai-je.— Quoi, Sidi! répond innocemment Mahamet.—Eh bien ! lui dis-je, que viens-tu faire ici, tu viens