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CHAR. 111. - SÉDIMENTS TERRESTRES.
rents à peine souillées de quelques particules terreuses. Ce que nousavons observé si souvent dans les forêts viergesdu Brésil , surlesplainesdu centre de l’Amérique méridionale et sur les montagnes abruptes duversant oriental des Andes boliviennes, nous ne l’avons pas retrouvé,sans quelque plaisir sur de petits points isolés des Pyrénées et desAlpes; au Pont d’Espagne, près de Cauterets (Hautes-Pyrénées ), parexemple, et sur les coteaux du lac de Brienlz, dans l’Oberland , oùl’homme a respecté quelques lambeaux de la nature terrestre.
§ 129. Sur un sol cultivé comme celui de France , où l’homme atout fait pour enlever les plantes et les arbres naturels au sol, et poul-ie couvrir de guérets, la terre est partout dans les conditions les plus fa-vorables à l’enlèvement des sédiments, puisqu’elle n’est pas seulementdépourvue de plantes préservatrices, mais que le labour la rendencore meuble à sa surface. Les eaux y ont une prise immense,pour le transport des molécules terreuses ; et l’agriculteur, qui n’estpas assez prévoyant pour se garantir par des moyens artificiels del’action destructive de la pluie, voit l’humus diminuer tous les ans et sonsol se dénuder peu à peu. En parcourant les montagnes des environs deTuchant (Aude), dans les Corbières , les sommités des montagnes et descollines de la Provence , toutes les montagnes des Hautes et des liasses-Alpes, etc., on s’étonne de trouver, à la place des antiques forêts dechênes dont ces montagnes jadis étaient couvertes, des rochers nus oùles chèvres trouvent à peine à brouter, çà et là, quelques plantes ra-bougries. Il est donc certain que le défrichement a laissé emporter,depuis quelques années, par les eaux pluviales, des terres qui nourris-saient de belles forêts respectées durant une longue suite de siècles.
Cette rapide comparaison d’un sol vierge avec un sol cultivé, nousmontre que si le premier peut nous donner la valeur réelle des faitspassés relativement aux sédiments terrestres, il n’en est pas ainsi dudernier, dont les conditions du moment tiennent évidemment à l’influencedes travaux de l’homme. Il ne serait donc pas juste de prendre le dernierpour exemple, pas plus qu’il n’est rationnel de demander aux sédimentstransportés par les fleuves actuels de France , l’explication des phé-nomènes antérieurs à notre époque. Toutes les déductions qu’on ti-rerait aussi des alluvions du Mississipi , ou des autres rivières de l’A-mérique septentrionale seraient nécessairement exagérées. A l’instanloù tous les affluents de ces fleuves se couvrent d’agriculteurs qui com-mencent par abattre les arbres, mettre le feu à la campagne et défricher,sans s’occuper beaucoup de se ménager des ressources à venir, il esltout simple qu’une surface considérable de terrains jadis préservés soitexposée à l’action immédiate des eaux pluviales. Nous resteronspeut-être encore au-dessous de la vérité, en calculant à dix pour un la