830 QUATRIÈME PARTIE. — SUCCESSION CHRONOLOGIQUE.
de transport d’une force extraordinaire, bien au-dessus de tout ce quepeut donner la nature actuelle, et qui résultent évidemment des pertur-bations géologiques, comme nousles admettons (§ 163 à 171).
Cette force extraordinaire de dénudation, comparable seulement auxgrands faits qui ont produit le relief des montagnes, nous étonne d’au-tant plus que nous voulons, trop souvent, comparer les effets de lanature à ce que nous pouvons produire, sans trop nous rendre comptede notre faiblesse. La force aqueuse qui a pu enlever ces masses consi-dérables de sédiments, dans les commotions géologiques, n’est effecti-vement explicable que par des dislocations qui embrassent une grandepartie de la circonférence du globe, comme celle des Andes , c’est-à-direà un de ces mouvements qui doivent effrayer notre esprit, mais n’en sontpas moins réels.
Les dénudations que nous signalons, et qui sont pour ainsi dire sousnos yeux, existent partout dans la nature. On les trouve tout autour dubassin anglo-parisien, dans l’élargissement de toutes les vallées, dansle morcellement en lambeaux des dépôts marins tertiaires qui dépen-daient d’une mer unique, et devaient couvrir de vastes surfaces. Onen reconnaît les effets dans le drift qui couvre le sol américain, et danstous les matériaux sédimentaires meubles charriés partout à la surfacedu globe. En un mot, les dénudations, les transports de sédiments super-ficiels, sont généraux sur la terre, et aussi certains que les mouvementsdes eaux qui ont pu les produire, que les dislocations du sol qui ont pudonner l’impulsion et mouvoir les masses aqueuses ; ainsi, tous ces grandsfaits viendraient encore se corroborer les uns les autres, et ne pour-raient s’expliquer sans une corrélation des plus positives.
§ 2550. Du rapport des oscillations du sol avec l’extension desglaciers. Après tout ce. qui a été écrit sur les glaciers, par des hommesles plus compétents, nous n’en parlerions pas ici, si nous ne voyions,quelques conséquences stratigraphiques à en déduire, si nous ne trou-vions des rapports évidents entre l’extension des glaciers et les oscilla-tions du sol. Nous en dirons donc quelques mots, sous ce dernier pointde vue seulement.
De T âge des glaciers dans les Alpes et dans les Vosges . On a pensé,dans ces derniers temps, que les glaciers avaient pu exister depuis lespremiers terrains tertiaires. Nous croyons, au contraire, qu’ils sontspéciaux à notre époque, et qu’ils rentrent dans les phénomènes physi-ques actuels. Aux considérations sur les lignes isothermes de l’étagesubapennin (§ 2534), nous avons cherché à démontrer que, tandis que,dans le bassin méditerranéen, vivait une Faune marine purement tropi-cale, l’Italie , la France et toule l’Europe nourrissaient des Singes, desÉléphants, des Rhinocéros, des Tapirs , des Hippopotames et des Girafes,