AVENTURES CURIEUSES
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Lapons, qui leur donnèrent du poisson et de la bouillie de farine.
Le môme jour, quelques hommes s’avancèrent dans l’intérieur desterres pour y chercher du cochléaria ; ils aperçurent sur une mon-tagne des individus qui paraissaient les examiner; ils en conclurentque le pays était plus habité qu’ils ne l’avaient supposé : mais cesprétendus étrangers les suivirent jusque dans le village, et à leurgrande joie, ils reconnurent leurs compatriotes de la chaloupe.Celle-ci avait beaucoup souffert : elle était arrivée, le 25, en vue deterre ; le 24, elle avait touché aux Sept-lles, où se trouvait unegrande quantité de pécheurs ; les Hollandais leur avaient demandéà quelle distance ils se trouvaient de Kihlouin, Kool ou Koola;ces étrangers leur avaient montré l’est, et leur avaient fait com-prendre qu’il s’y trouvait alors des bâtiments hollandais. Le lende-main , à midi, la chaloupe avait eu connaissance de Kildonin ; deuxheures après, elle avait mouillé sous la pointe occidentale de l’île ;Ileemskerke était descendu à terre, où les Lapons lui avaient ditqu’effectivement il était arrivé au port de Koola trois navires hollan-dais, dont deux étaient en partance.
Les deux embarcations remirent de suite à la voile et se dirigèrentdu côté de l’embouchure de la rivière de Koola, qui est au sud deKildouin; mais un vent fort impétueux les força à une relâche,dans un endroit habité par trois Lapons. Heemskerke leur de-manda de conduire par terre un de ses gens à Koola, mais aucuneoffre ne put les y déterminer. Ils consentirent seulement à le con-duire lui-même au delà d’une montagne, où d’autres Laponsachèveraient de le mener à Koola pour une somme fort légère.Heemskerke expédia par cette voie un de ses matelots, lequels’arma d’un simple croc, bien que le Lapon se fût muni d’un fusil.
Le 29, le Lapon parut seul; on craignit pour la vie du mate-lot ; en vain s’empressait-on autour de ce guide ; il était chargéd’une lettre, il voulait la remettre à Heemskerke, lui-même.Celui-ci l’ouvrit avec précipitation; elle'était en hollandais : onexprimait l’étonnement qu’avait excité son arrivée : depuis long-temps on le croyait mort. Enfin, on terminait par lui promettre devenir incessamment le prendre, en lui apportant tous les rafraîchis-sements désirables. Ce billet était signé Jean Cornelisz Ryp.
Ces nouvelles étaient on ne peùt plus satisfaisantes; mais quelétait ce Cornelisz Ryp qui écrivait à Heemskerke? Nos naufragés