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Tome I.
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DISCOURS

personnel se trouve toujours en raison inverse dudevoir, et augmente à mesure que l’association de-vient plus étroite et l’engagement moins sacré ;preuve invincible que la volonté la plus généraleest aussi toujours la plus juste, et que la voix dupeuple est en effet la voix de Dieu .

Il ne s'ensuit pas pour cela que les délibérationspubliques soient toujours équitables 5 elles peuventne l’être pas lorsqu’il s’agit d'affaires étrangères ;j’en ai dit la raison. Ainsi il n’est pas impossiblequ'une république bien gouvernée fasse une guerreinjuste j il ne l’est pas non plus que le conseil d’unedémocratie passe de mauvais décrets et condamneles innocents : mais cela 11’arrivera jamais que lepeuple ne soit séduit par des intérêts particuliersqu’avec du crédit et de l’éloquence quelques hom-mes adroits sauront substituer aux siens. Alors autrechose- sera la délibération publique, et autre chosela volonté générale. Qu’on ne m’oppose donc pointla démocratie d’Athènes, parce qu‘Athènes n’étoitpoint en effet une démocratie , mais une aristocratietrès-tyrannique , gouvernée par des savants et desorateurs. Examinez avec soin ce qui sc passe dansune délibération quelconque, et vous verrez que lavolonté générale est toujours pour le bien commun ;mais très-souvent il se fait une scission secrète ,une confédération tacite, qui, pour des vues parti-culières , sait éluder la disposition naturelle de l’as-semblée. Alors le corps social se divise réellementen d'autres dont les membres prennent 1111e volontégénérale, bonne et juste a l’égard de ces nouveaux