SUR L’ÉCONOMIE POLITIQUE. 41
concentre dans nos cœurs y a acquis cette méprisa-ble activité qui absorbe toute vertu et lait la viedes petites âmes. Comment l’amour de la patriepourroit-il germer au milieu de tant d’autres pas-sions qui l'étouffent? et que reste-t-il pour les conci-toyens d’un cœur déjà partagé entre l’avarice, unemaîtresse, et la vanité ?
C’est du premier moment de la vie qu’il faut ap-prendre à mériter de vivre 5 et comme on participeen naissant au droit des citoyens, l’instant de notrenaissance doit être le commencement de l’exercicede nos devoirs. S'il y a des lois pour l’àge mur, ildoit y en avoir pour l’enfance, qui enseignentà obéiraux-autres; et, comme on 11c laisse pas la raison dechaque homme unique arbitre de ses devoirs, ondoit d’autant moins abandonner aux lumières et auxpréjugés des pères l’éducation de leurs enfants,qu’elle importe à l’état, encore plus qu’aux pères;car, selon le cours de la nature, la mort du pèrelui dérobe souvent les derniers fruits de cette édu-cation j mais la patrie en sent tôt ou tard les effets ;l’état demeure et la famille se dissout. Que si l’autorité publique, en prenant la place des pères, etse chargeant de celte importante fonction, acquiertleurs droits en remplissant leurs devoirs, ils ontd’autant moins sujet de s’en plaindre, qu'à cet égardils 11e font proprement que changer de nom, et qu’ilsauront en commun, sous le nom de citoyens, lameme autorité sur leurs enfants qu’ils exerçoient sé-parément sous le nom de pères , et n’en seront pasmoins obéis en parlant au nom de la loi, qu’ils l’é-
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